Pierre Puget (1620-1694)
Puget manifeste dans L'Hercule gaulois, dont on ignore les conditions d'exécution et le destinataire, son admiration pour l'Antiquité.
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Le représentant du baroque français rend hommage à l'art classique. A repos, assis, Hercule serre la massue couverte de la dépouille du lion de Némée et tient dans sa main gauche les pommes d'or cueillies au jardin des Hespérides.
C'est le symbole de la victoire de la Raison sur les Passions. Puget semble s'être inspiré de l'Hercule peint au palais Farnèse, à mi-chemin entre la volupté et la maîtrise de soi. Le visage évoque le portrait romain et les traits de Néron. La figure, construite en diagonale, est celle d'un athlète à demi affaissé.
L'oeuvre de Puget échappe au style baroque tout en mouvement et à la tradition classique faite de mesure, d'équilibre et d'idéal. Le titre d'Hercule gaulois est, sans doute, un hommage rendu à la monarchie française des Bourbons fréquemment identifiés aux héros de l'Antiquité d'après la légende de l'Hercule troyen proclamé roi de la Gaule.
Puget reçoit, en 1670, l'autorisation de Colbert d'utiliser trois blocs de marbre à sa guise. Il lui adressera, l'année suivante, les dessins des projets de Milon de Crotone et Alexandre et Diogène. Il ajoutera ensuite l'immense groupe de Persée et Andromède. Milon de Crotone, vainqueur aux jeux Olympiques, voulait tester ses forces à la fin de sa vie en ouvrant le tronc d'un chêne taillé en deux. L'arbre se referma sur sa main et l'athlète sera dévoré par les loups.
L'oeuvre de Puget, bien avancée en 1674, ne sera achevée qu'en 1682. Elle rejoindra le Tapis Vert des jardins du Château de Versailles l'année suivante après un périple qui la conduira successivement de Marseille à Toulon, puis au Havre. Cette statue, admirée par Le Brun, Colbert et Louvois, ouvre la voie à un nouveau courant artistique qui donne la primauté à l'expression de la souffrance.
Puget illustre par la suite l'enlèvement d'Andromède par Persée, un épisode des Métamorphoses d'Ovide. Le rocher sur lequel est enchaînée Andromède sert d'axe à la composition. A gauche, Andromède, petite, à demi-évanouie, s'abandonne sur le lieu de son supplice. Féminine, faible, vulnérable, elle s'oppose à la grande figure du héros détachant la chaîne. L'oeuvre exprime le contraste, habituel pour l'époque, entre la force et la grâce.
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