Archictecture de Notre-Dame de Paris
Le plan général de Notre-Dame est simple et harmonieux, ce qu'expriment ses dimensions : 130 mètres de longueur, 48 mètres de largeur, 35 mètres de hauteur sous voûte, 69 mètres au sommet des tours.
| Article |  |  |
 |
La superficie de 5.500 m² permet d'accueillir 9.000 personnes. La façade, majestueuse et équilibrée, est un véritable livre de pierre qui raconte l'histoire sainte. Elle paraît avoir été conçue par un artiste unique tant son unité est évidente. Divisée en trois étages distincts, elle est encadrée par deux grandes tours quadrangulaires, hautes de 69 mètres. La tour de droite renferme "Emmanuel", le fameux bourdon de 13 tonnes, refondu au XVIIème siècle. Les trois portails sont inégaux. Celui du centre est plus haut et plus large que les autres. Celui de gauche est surmonté d'un gâble. L'art médiéval, à l'opposé de l'architecture contemporaine, aimait la dissymétrie qui atténue la monotonie des grandes surfaces.
Le Portail de la Vierge et antérieur à celui du Jugement dernier. La Vierge mère, qui orne le trumeau et foule au pied un serpent, est une statue moderne. Le tympan comprend trois niveaux. Celui du bas représente l'Arche d'Alliance entourée de statues de trois prophètes et trois ancêtres de la Vierge qui lui annoncent sa destinée. La partie centrale représente la Dormition de la Vierge, en présence du Christ et des Apôtres. La partie supérieure représente le Couronnement de la Vierge par un ange, tandis que Jésus lui tend un sceptre. Les voussures sont bordées de feuillages, de fleurs et de fruits. Les quatre cordons, orné d'anges, de patriarches, de rois et prophètes, évoquent la cour céleste. Les petits bas reliefs des faces latérales et des piédroits évoquent les travaux des mois et les signes du Zodiaque correspondants. Les ébrasements sont ornés de statues produites par l'atelier de Viollet-le-Duc parmi lesquelles figurent saint Denis soutenu par deux anges, saint Jean-Baptiste et saint Etienne.
Soufflot n'hésitera pas à entailler le tympan du portail du Jugement dernier et à supprimer le trumeau, en 1771, afin de permettre le passage du dais lors des cérémonies processionnelles. Viollet-le-Duc réparera l'outrage. Il reconstituera les deux linteaux inférieurs et dotera le nouveau trumeau d'une statue moderne de Jésus-Christ. La partie inférieure du tympan représente la Résurrection et la partie intermédiaire la Pesée des âmes. Les élus de dieux sont conduits au paradis par des anges, tandis que les autres sont accompagnés aux enfers par des démons. La pointe du tympan représente Jésus assis prononçant le verdict. La Vierge et saint Jean, à genoux, intercèdent en faveur des hommes. Les six cordons des voussures représentent la cour céleste. La partie inférieure gauche, celle du ciel, nous montre Abraham accueillant les âmes. Celle de droite, l'enfer, rassemble des démons inquiétants. Les piédroits, dus aux ateliers de Viollet-le-Duc, évoquent la parabole des Vierges sages (sous le paradis) et des Vierges folles (sous l'enfer). Les douze Apôtres qui ornent les ébrasements sont l'oeuvre de Viollet-le-Duc. Ils trônent sur des médaillons datant du XIIIème siècle et représentant les Vertus (rangée inférieure) et les Vices (rangée supérieure).
Le portail Sainte-Anne date d'environ 1220. Les deux registres supérieurs du tympan abritent des statues antérieures de soixante années, destinées à l'origine à un portail plus étroit. Il s'agit des plus anciennes statues de Notre-Dame. La partie inférieure du tympan est consacrée aux parents de la Vierge, sainte Anne et saint Joachim. Le linteau intermédiaire, du XIIème siècle, est consacré à la vie de la Vierge. La pointe du tympan renferme une Vierge trônant en majesté. Entourée de deux anges thuriféraires ainsi que d'un évêque (debout) et d'un roi mérovingien (agenouillé), elle présente l'Enfant Jésus selon la tradition romane. Les quatre cordons des voussures représentent une cour céleste composée d'anges, de rois et de patriarches. Le trumeau est orné d'une statue moderne de saint Marcel, évêque de Paris au Vème siècle, qui aurait délivré la ville d'un dragon. La crosse du prélat est enfoncée dans la gueule de l'animal monstrueux. Les ébrasements sont ornés de statues de rois, de reines et de saintes.
La Galerie des Rois abrite vingt-huit statues de souverains de Juda et d'Israël ayant régné avant Jésus-Christ. Les Communards, les prenant pour des membres de la royauté française, les détruiront en 1873. Viollet-le-Duc est l'auteur des copies en place aujourd'hui. La Rosace, qui occupe le centre de la façade et surmonte un groupe composé de la Vierge entourée de deux anges, mesure dix mètres de diamètre. Le talent des artisans ne se mesure pas uniquement à ce record longtemps inégalé. La qualité de la construction a permis à cet ensemble de traverser presque huit siècles sans dommage. La Grande Galerie, qui constitue le premier niveau de la visite des tours de Notre-Dame, réuni ces deux dernières. Elle offre une vue panoramique qui le parvis, le Seine et les quartiers environnants. On pourra admirer, en se rendant au sein de la tour Sud qui renferme le bourdon, la flèche de la cathédrale construite par Viollet-le-Duc qui a agrémenté les balustrades de la Galerie de Chimères.
Sur le côté Nord de la cathédrale, s'élève le splendide portail du Cloître (1250), oeuvre de Jean de Chelles. Un maximum de lumière entre par les croisillons. La grande rose, d'un diamètre de 13 m, est un peu plus large que la grande rose de la façade avec qui elle rivalise de beauté et d'équilibre. A ses côtés, la porte Rouge est l'oeuvre de Pierre de Montreuil. La Vierge y est couronnée par son fils, entre saint Louis et son épouse Marguerite de Provence. Les voussures supportent des scènes de la vie de saint Marcel. La flèche, haute de 96 m, prolonge le jeu des lignes verticales et donne à Notre-Dame son élan ascensionnel. Elle a été refaite en 1859 par Viollet-le-Duc, à l'imitation de l'ancienne, construite entre 1220 et 1230 et détruite à la Révolution. Elle est en chêne recouvert de plomb et pèse 750 tonnes. Viollet-le-Duc s'est lui-même représenté aux côtés des évangélistes en cuivre. Avec ses grands arcs-boutants richement parés, le chevet, dessiné par Jean Ravy, est la partie qui, semblable à l'arrière d'un vaisseau, vient épauler la cathédrale au point de la poussée des voûtes. Sur le flanc Sud, s'élève le magnifique portail Saint-Etienne, d'une sculpture exceptionnellement riche. Commencé vers 1258 par Jean de Chelles et achevé par Pierre de Montreuil, il raconte la vie et la lapidation d'Etienne (à qui était dédié le sanctuaire, antérieur à la cathédrale). Les statues de saint Etienne et de saint Marcel sont du XIXème siècle.
L'intérieur de Notre-Dame est l'expression de l'école française du XIIIème siècle (époque dite du gothique de transition). Tandis que toute la structure de la cathédrale repose sur l'extérieur, massif et robuste, l'intérieur, lui, reçoit un maximum d'espace et de lumière. La nef à cinq travées est pourvue d'ogives voûtées. Elle est la dernière de la série des grandes églises à tribunes françaises. Les tribunes de Notre-Dame peuvent recevoir 1500 personnes. Leurs rosaces ont reçu en 1965, en remplacement des vitraux ternes du siècle dernier, une garniture de vitraux non figuratifs conçus par Jacques Le Chevallier. Celui-ci s'est efforcé de retrouver les matières et les tons purs employés par l'art médiéval. Egalement intégré à la nef, l'orgue de Cliquot (1730) restauré en 1962, est le plus grand orgue de France (113 jeux).
Le choeur est fermé par une petite grille. Sa décoration a été refaite sous Louis XIV, de 1708 à 1725, en commémoration du voeu de Louis XIII. On admirera les boiseries exécutées par Louis Marteau et Jean Noël. La clôture du choeur a été commencée en 1300 par Pierre de Chelles, continuée par Jean Ravy en 1318 et achevée en 1351 par Jean Le Bouteiller. Certaines sculptures d'origine, relatives à la naissance et à la vie du Christ subsistent encore. Ce sont les plus anciennes de Notre-Dame. La sacristie qui ouvre la partie Sud du choeur ne fut construite qu'en 1848 par Lassus et Viollet-le-Duc. Il renferme le trésor de Notre-Dame : le reliquaire contenant le jonc de la Sainte Couronne d'épines, et d'autres reliques de la Passion achetées par saint Louis en 1238.
La visite des tours de Notre-Dame permet d'accéder à la Galerie des Chimères, puis au sommet de la tour Nord. La montée s'effectue à pied par la tour Sud. Les visiteurs peuvent visiter le célèbre bourdon. Autant prévenir que le temps d'attente peut être extrêmement long. Pour des raisons de sécurité, le débit maximum a été fixé à une vingtaine de personnes admises toutes les 10 minutes. Une file d'attente comportant 100 visiteurs suppose donc une attente d'environ 50 minutes ! Les tours sont théoriquement accessibles tous les jours, de 10h00 à 17h30 (dernière admission à 16h45). La visite est gratuite le premier dimanche de chaque mois. Les nombreux mouvements de grève qui touchent de façon endémique l'ensemble des musées et monuments publics parisiens n'épargnent malheureusement par Notre-Dame.
|