 |  |  Le Second Concile de Nicée (787)
Le chanoine Adolphe-Charles Peltier, dans son Dictionnaire universel et complet des conciles publié dans l'Encyclopédie théologique en 1847, rapporte les travaux du second concile oecuménique de Nicée (787) qui rétablira l'usage des images religieuses.
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Il s'assembla dans l'église de Sainte-Sophie, le vingt-quatrième de septembre 787. Les deux légats du pape, Pierre, archiprêtre de l'Église romaine, et Pierre, prêtre et abbé du monastère de Saint-Sabas de Rome, sont nommés les premiers dans les actes du concile, comme représentant le pape Adrien. Taraise, patriarche de Constantinople, est nommé ensuite, et après lui les députés des autres patriarches d'Orient.
Trois cent soixante-dix-sept évêques assistèrent à ce concile, avec deux commissaires de l'empereur, plusieurs archimandrites, abbés et moines ; les saints Évangiles étant placés au milieu de l'assemblée, les évêques de Sicile parlèrent les premiers, et demandèrent que le patriarche de Constantinople fît l'ouverture du concile. Tous y consentirent, et Taraise, prenant la parole, rendit grâces à Dieu de la liberté accordée à l'Église, exhorta les évêques à rejeter toute nouveauté, soit dans les paroles, soit dans la doctrine, et à s'en tenir aux traditions de l'Église, qui ne peut errer, et qui ne connaît pas le oui et le non. Il permit ensuite à ceux qui l'année précédente avaient résisté à la vérité, d'entrer et de dire leurs raisons. Alors les commissaires de l'empereur firent lire la lettre adressée au concile en son nom et en celui de l'impératrice Irène, par laquelle ils déclaraient qu'ils l'avaient assemblé du consentement des patriarches, et qu'ils laissaient une entière liberté aux évêques d'y dire leur sentiment, en les exhortant toutefois à procurer par leur jugement la paix à l'Église. Cette lettre contenait encore le récit de ce qui s'était passé à la mort du patriarche Paul et à l'élection de Taraise. L'empereur ajoutait à la fin qu'il avait reçu des lettres du pape Adrien et d'autres par les légats d'Orient, dont il demandait que l'on fît la lecture, afin que l'on connût quel était le sentiment de l'Église catholique.
Après la lecture de toutes ces lettres, on fit avancer Basile, évêque d'Ancyre, Théodore de Myre, et Théodose d'Armorion, qui étaient du nombre de ceux qui, l'année précédente, avaient pris le parti des iconoclastes. Ils déclarèrent qu'ayant examiné la question, ils honoraient les images et étaient fâchés d'avoir eu d'autres sentiments. Basile d'Ancyre donna même sa profession de foi par écrit, où, après avoir déclaré ce qu'il croyait avec toute l'Église touchant la Trinité et l'Incarnation, il ajouta :
"Je reçois avec toute sorte d'honneur les reliques des saints ; je les adore avec vénération, dans la confiance que j'ai de participer par là à leur sainteté. Je reçois aussi les vénérables images de Jésus-Christ, en tant qu'il s'est fait homme pour notre salut ; de sa sainte Mère, des anges, des apôtres, des prophètes, des martyrs et de tous les saints : je les embrasse et leur rends l'adoration d'honneur. Je rejette et anathématise de toute mon âme le faux concile nommé septième, comme contraire à toute la tradition de l'Église, et assemblé par un principe de folie et de démence".
Après cette déclaration, il dit anathème aux iconoclastes, à ceux qui osent dire que l'Église ait jamais reçu des idoles, ou que les images viennent d'une invention diabolique, et non pas de la tradition des saints Pères. Théodore de Myre lut aussi sa profession de foi ; Théodose d'Armorion en fit autant ; et le concile, jugeant qu'ils étaient véritablement repentants, leur ordonna de reprendre leurs rangs et leurs sièges.
La comparaison que Théodose d'Armorion employa dans sa profession de foi, mérite d'être rapportée : Si les images des empereurs étant envoyées dans les provinces et dans les villes, le peuple vient au-devant avec des cierges et des parfums, pour honorer non le tableau, mais l'empereur, avec combien plus de raison doit-on peindre dans les églises l'image de Jésus-Christ notre Sauveur et notre Dieu, celles de sa sainte Mère, de tous les saints et bienheureux Pères !
Après que le concile eut reçu ces évêques, il s'en présenta sept autres, qui témoignèrent un grand repentir de s'être joints aux iconoclastes. Cela donna lieu d'examiner comment on devait recevoir les hérétiques convertis. On apporta donc les livres des Pères et les recueils des conciles qui se trouvaient dans la bibliothèque du palais patriarcal. Le premier canon qu'on lut fut le cinquante-troisième des Apôtres ; ensuite le huitième de Nicée, pour la réception des novatiens ; le troisième d'Éphèse touchant les Macédoniens ; le premier de l'épître de saint Basile à Amphiloque, où il est parlé du baptême des encratites ; quelques passages de sa lettre aux évaiséniens et de celle au comte Térence, dans laquelle il parle de la réception de ceux qui quittaient l'hérésie pour se réunir à l'Église ; les deux lettres de saint Cyrille d'Alexandrie, au sujet de sa réunion avec Jean d'Antioche ; la lettre de saint Athanase à Rufinien sur la réconciliation de ceux qui avaient souscrit au concile de Rimini ; le jugement du concile de Chalcédoine, dans la réception des évêques d'Orient et d'Illyrie, qui avaient assisté au faux concile d'Éphèse sous Dioscore ; les extraits de l'Histoire ecclésiastique de Rufin, touchant le concile d'Alexandrie, où l'on reçut ceux qui avaient communiqué avec les ariens ; un passage de l'Histoire ecclésiastique de Socrate ; un de celle de Théodore le Lecteur, et plusieurs anciens monuments qui pouvaient servir d'éclaircissements à la difficulté proposée.
Après quoi, le concile ordonna aux sept évêques de lire leur libelle de réunion à l'Église catholique : ils le lurent. C'était le même que celui qu'avait composé Basile d'Ancyre. Le patriarche Taraise déclara que, leur foi étant suffisamment connue par la lecture de ces libelles, ils seraient reçus dans une autre session, s'il ne survenait d'autres empêchements.
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