 |  |  Le Second Concile de Nicée (787)
Le chanoine Adolphe-Charles Peltier, dans son Dictionnaire universel et complet des conciles publié dans l'Encyclopédie théologique en 1847, rapporte les travaux du second concile oecuménique de Nicée (787) qui rétablira l'usage des images religieuses.
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Le sixième d'octobre, jour où se tint la sixième session, le concile s'occupa à lire la réfutation de la définition de foi faite par les iconoclastes en 756. Cette réfutation a été divisée en six tomes. Jean, diacre de l'église de Constantinople, fut chargé d'en commencer la lecture, et le diacre Épiphane de la continuer. Grégoire, évêque de Néocésarée, l'un des chefs de l'assemblée des iconoclastes, lut la définition de foi qui avait été dressée. La première chose que l'on attaqua dans cette définition, fut le titre de concile septième oecuménique que les iconoclastes donnaient à leur assemblée.
"Comment, dit la réfutation, peut-on appeler oecuménique un concile qui n'a été ni reçu ni approuvé, mais au contraire anathématisé par les évêques des autres Églises ; auquel le pape qui gouvernait alors l'Église romaine n'a concouru, ni par lui-même, ni par les évêques qui sont près de lui, ni par ses légats, ni par une lettre circulaire, suivant la loi ordinaire des conciles ; auquel les patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, n'ont donné de consentement ni par eux-mêmes, ni par leurs députés, ni par les grands évêques de leurs provinces ? "
La définition disait que Jésus-Christ nous a délivrés de l'erreur et du culte des idoles, en nous enseignant l'adoration en esprit et en vérité. La réfutation répond : "Comment donc ceux qui croient en lui sont-ils retombés dans l'idolâtrie ? Dieu incarné nous a rachetés, et nous sommes réduits une seconde fois à la captivité ? II n'en est pas de Jésus-Christ comme des rois de la terre, qui sont tantôt victorieux et tantôt vaincus ; sa victoire est éternelle : d'où il suit que l'on ne peut accuser d'idolâtrie l'Église entière, sans faire injure à Jésus-Christ ".
Il était dit dans la définition que les six conciles oecuméniques avaient conservé la beauté de l'Église sans aucune diminution. On répond dans la réfutation qu'il n'y a eu que soixante-dix ans depuis le sixième concile jusqu'au conciliabule des iconoclastes, et que l'usage des images étant beaucoup plus ancien que le sixième concile, il est visible qu'il ne s'est pas introduit dans cet intervalle. Les iconoclastes accusaient ceux qui adorent les images d'établir tout ensemble les deux hérésies de Nestorius et d'Eutychès ; ce qui était toutefois impossible, puisqu'elles sont directement opposées. A cela on répond que l'image de Jésus-Christ ne le représente que selon la nature par laquelle il a été visible, que l'image n'a que son nom, et non sa substance ; qu'ainsi les catholiques, en faisant peindre Jésus-Christ, ne divinisent pas pour cela les deux natures ; puisque l'image de l'humanité rappelle en nous l'idée de Jésus-Christ entier, c'est-à-dire du Verbe incarné, comme l'image d'un homme ordinaire rappelle l'idée de son âme avec celle de son corps. En effet, tout homme de bon sens, en voyant l'image d'un homme, ne s'est jamais imaginé que le peintre ait séparé l'homme de son corps. L'objection la plus intéressante est celle que les iconoclastes firent de l'eucharistie, en disant qu'elle est la seule image de Jésus-Christ qui soit permise. L'auteur de la réfutation répond qu'aucun des apôtres ni des Pères n'a dit que le sacrifice non sanglant fût l'image du corps de Jésus-Christ.
Ce n'est point, dit-il, ce qu'ils avaient appris de lui. Il ne leur a pas dit : "Prenez, mangez l'image de mon corps" ; mais : "Prenez et mangez : ceci est mon corps". Il est donc démontré que ni le Seigneur, ni les apôtres, ni les Pères, n'ont jamais dit que le sacrifice non sanglant qui est offert par les prêtres, soit une image de Jésus-Christ ; mais ils ont dit au contraire que c'est son propre corps et son propre sang. Il est vrai que quelques Pères, par un sentiment de piété, ont cru pouvoir nommer les choses offertes, avant qu'elles fussent consacrées, antitypes, c'est-à-dire, des figures et des images qui représentent ces choses. De ce nombre ont été saint Eustathe, le puissant adversaire des ariens, et saint Basile.
L'un d'eux, savoir saint Eustathe, expliquant ces paroles des Proverbes de Salomon : "Mangez mon pain et buvez le vin que j'ai mêlé d'eau pour vous" ; dit qu'elles marquent par le pain et le vin les antitypes des membres de Jésus-Christ, et l'autre, c'est-à-dire saint Basile, puisant dans la même source, parle ainsi de l'oblation du Seigneur : "Ô Dieu ! nous approchons avec confiance de l'autel sacré, et en vous présentant les antitypes du saint corps et du sang de votre Christ, nous vous prions et vous invoquons".
Ce qui suit dans la liturgie qui porte le nom de ce Père fait voir encore plus clairement sa pensée, et de quelle manière ces choses ont été appelées antitypes avant la consécration. Car, après la consécration ils sont nommés le propre corps et le propre sang de Jésus-Christ ; parce qu'ils le sont en effet, et qu'on les croit tels. Mais les iconoclastes voulant détourner nos yeux des sacrées images, en ont introduit une autre, qui n'est pas une image, mais le corps et le sang de notre Sauveur. Ce que dit la réfutation, qu'aucun des Pères n'a jamais donné à l'eucharistie le nom d'image n'est pas exact : il y en a qui l'ont appelée image, d'autres symbole, et quelques-uns signe et sacrement ; mais peut-être l'entendait-elle d'une image ordinaire, et qui ne fait que représenter l'original, sans le contenir.
Quant à ce que ces hérétiques objectaient, que l'on n'avait point dans l'Église de prières particulières, ni aucunes cérémonies, pour la consécration des images, on répond qu'il y a beaucoup d'autres choses parmi les chrétiens, qui sont saintes par leur nom seul, sans consécration ni prières : telle est la figure de la croix que nous adorons, et dont nous marquons le signe sur notre front, ou en l'air avec le doigt, pour chasser les démons. Il en est de même des images : nous les honorons à cause du nom qu'elles portent, et de ce qu'elles représentent. Nous saluons aussi, et nous embrassons les vases sacrés, quoiqu'ils n'aient reçu aucune bénédiction, dans l'espérance de recevoir quelque sanctification en les baisant.
Les Grecs, encore aujourd'hui, ne bénissent ni les croix, ni les images, ni les vases sacrés. Les iconoclastes alléguaient plusieurs autorités, tant de l'Écriture que des Pères, contre le culte des images. Parmi les passages des Pères, il y en avait de saint Épiphane, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Basile, de saint Athanase, de saint Amphiloque et de Théodote d'Ancyre. L'auteur de la réfutation répond à tout, en montrant, ou que ces passages ne sont que contre le culte des idoles, ou qu'ils sont tirés d'ouvrages supposés. Ensuite il fait voir qu'il y a contradiction dans le décret du concile des iconoclastes, en ce qu'après avoir condamné généralement les images que l'on mettait dans les églises, ils les laissaient sur des vases et des ornements, avec défense d'y toucher pour les convertir à des usages profanes. Comme ils avaient dit anathème à saint Germain, patriarche de Constantinople ; à saint Georges, évêque de Chypre, et à saint Jean Damascène, et qu'ils les avaient déposés, les Pères de Nicée font l'éloge de ces trois saints personnages, en les faisant passer pour des lumières de l'Église : ils s'étendent davantage sur saint Jean Damascène, parce que les iconoclastes l'avaient appelé par dérision Mansure.
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