Styles de l'architecture new-yorkaise
Le patrimoine architectural de New York est riche en contraste. Il témoigne de presque quatre siècles d'une histoire qui a vu naître la ville la plus puissante de la planète ainsi que de la faculté d'adaptation d'une population toujours avide de progrès.
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Style colonial hollandais
approximativement entre 1620 et 1700
Le style colonial hollandais est une déclinaison de l'architecture batave du XVIIème et du XVIIIème siècle, adaptée aux matériaux et au climat locaux. Les premiers New-yorkais importeront le modèle des maisons d'Amsterdam et des autres villes portuaires hollandaises qui taxaient les habitations en fonction de la largeur de leurs façades.
Les maisons de ce style sont donc étroites et surmontées d'un toit à pignon. Les fermes (bouweries) s'inspirent des maisons de campagne hollandaises, avec leurs toits à comble brisé en pente et leur poche à colonnes.
Style georgien
approximativement entre 1720 et 1790
Le style georgien, s'inspire de l'architecture classique de la Renaissance qui s'était imposée en Angleterre sous les règnes de George Ier et George II. Les bâtiments sont construits de façon parfaitement symétrique, de part et d'autre d'une entrée souvent surmontée d'une imposte et entourée de petites fenêtres. Les toits, en pente ou en croupe, dominent un fenestrage harmonieux. Les grands édifices se caractérisent par l'abondance des colonnes et des frontons.
Style fédéral
approximativement entre 1780 et 1830
Le style fédéral est une émanation du style géorgien qui aurait subi l'influence de l'architecture de la Rome antique. Les architectes orneront les façades symétriques de colonnes et de frontons, de part et d'autre de l'entrée principale souvent garnie d'une imposte. Les toitures seront parfois ceintes d'une balustrade.
Style néo-grec
approximativement entre 1820 et 1850
Les architectes américains s'inspireront des temples grecs pour donner naissance à une architecture en phase avec l'idéal démocratique américain. Les constructions publiques, parfaitement symétriques, seront souvent dominées par un lanternon ou un dôme supporté par une colonnade. Les façades seront ornées de frontons et de colonnes (doriques, ioniques ou corinthiennes) et parfois d'un portique.
Style néo-gothique
approximativement entre 1840 et 1880
Le style néo-gothique, associé au mouvement romantique en vogue en Angleterre au XIXème siècle, renonce à la symétrie et s'inspire de l'architecture médiévale remise au goût du jour par certains architectes européens, notamment Viollet le Duc. Il date de la même période que le style italianisant. Les maisons seront dotées d'un bardage vertical et des pignons de bordure très travaillés. Les bâtiments publics, les églises et les grandes demeures bourgeoises seront ornés de créneaux, de flèches et de gargouilles.
Style italianisant
approximativement entre 1840 et 1880
Le style italianisant, qui date de la même période que le style néo-gothique inspiré du Moyen-Age, puise ses racines dans la Renaissance et marque une rupture avec la sobriété architecturale antérieure. Ornées de lourdes corniches et de larges consoles, les constructions parfaitement rectangulaires seront dotées de hautes fenêtres, étroites, de forme arquées et embellies de reliefs. La verticalité de la façade sera souvent accentuée par un perron surélevé. Plusieurs grandes résidences seront construites dans la variante "villa italienne", caractérisée par la présence d'un dôme classique et de fenêtres jumelées ou arquées. De nombreux browstones new-yorkais et édifices en fonte de Lower Manhattan subiront l'influence italianisante de la période de leur construction.
Style Second Empire
approximativement entre 1860 et 1880
Le style du Second Empire marquera les architectes américains à partir des années 1860. Certains d'entre eux, influencés par les grands travaux entrepris par le baron Haussmann sous le règne de Napoléon III, s'inspireront des constructions érigées après le percement des grands boulevards parisiens. Ils adopteront leur style grandiose marqué par des toits à la Mansart percés de lucarnes. Les façades, généralement symétriques, seront ornées de balustrades et d'une ornementation classique abondante. Elles se distingueront par des baies en saillies et des fenêtres souvent encadrées de pilastres.
Style néo-roman
approximativement entre 1860 et 1900
Le style néo-roman s'inscrit dans le prolongement du style néo-gothique. Il puisera également ses racines dans l'architecture médiévale mais adoptera un langage plus sobre, s'inspirant d'avantage des châteaux forts que des cathédrales. Ce style relativement brut et dépouillé, parfaitement illustré par les constructions l'architecte bostonien H. H. Richardson, contribuera à l'émergence d'une école purement américaine.
Style Queen Anne
approximativement entre 1880 et 1905
Ce style, étroitement associé à la période victorienne, influencera essentiellement la construction des demeures particulières. Elles seront caractérisées par des façades asymétriques exubérantes, la présence de tours coniques et de baies en saillie, ainsi que des lucarnes et des pignons très travaillés.
Ecole de Chicago
approximativement entre 1885 et 1905
Elisha Grave Otis, qui installera le premier ascenseur dans le E.V. Haughwout Building en 1857, donnera le véritable coup d'envoi des constructions en hauteur. Le problème de l'accession aux étages supérieurs venait d'être résolu. Le fer sera utilisé pour la première fois en 1859, dans la construction de la charpente du Cooper Union. Le premier building entièrement supporté par une ossature métallique ne verra le jour qu'en 1889, à Chicago.
Le premier véritable gratte-ciel new-yorkais, le Bayard-Condict-Building construit en 1894 par Louis Sullivan, sera orné de motifs d'inspiration végétale. Diplômé de l'école de Chicago, l'architecte adoptera la théorie selon laquelle la forme reflète la fonction. Les façades des buildings, parfaitement quadrillées, seront dotées de panneaux de verre et recouvertes de briques ou de terre cuite. Souvent ornées de décors néo-romantiques et Queen Anne, ces façades adopteront parfois des éléments de style Beaux-arts.
Style Beaux-arts ou Style néo-classique
approximativement entre 1890 et 1920
Les architectes américains seront influencés par l'école des Beaux-arts de Paris et la seconde Exposition Universelle américaine (World's Columbian Exposition du 1er mai au 3 octobre 1893) qui se tiendra à Chicago à l'occasion du quatrième centenaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. Ils adopteront progressivement les formes monumentales du style néo-roman et une esthétique imprégnée du classicisme de l'antiquité. Les immeubles, richement ornées, seront dotés de fenêtres arquées, de balustrades à chaque étage, d'escaliers monumentaux, de colonnes et parfois de statues.
Eclectisme
approximativement entre 1900 et 1925
De nombreux styles cohabiteront au cours du premier quart du XXème style, selon les désirs des commanditaires et l'inspiration des architectes. Le style Beaux-arts, qui évoluera progressivement vers les styles néo-georgien et néo-Renaissance, sera mis à contribution dans la construction d'hôtels. Les établissements d'enseignement feront plutôt appel au style néo-gothique, qui sera alors qualifié de Collegiate Gothic. De nombreux édifices, notamment les théâtres, puiseront dans le catalogue des ornementations mauresques, égyptiennes et chinoises.
La ville, craignant d'avoir à approuver des gratte-ciel purement fonctionnels, encouragera les architectes à adopter des concepts architecturaux d'un certain classicisme. Elle réglementera la hauteur des façades et le volume des immeubles par rapport à la largeur des rues en 1916, afin qu'elles ne deviennent pas trop obscures. Les architectes adopteront alors des constructions en escalier à partir d'une certaine hauteur. Le Woolworth Building (241m - record pour l'époque), construit par Cass Gilbert en 1913 dans le style néo-gothique, illustre les efforts des architectes de cette période.
Style Art déco
approximativement entre 1929 et 1940
Les architectes américains seront très influencés par l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes qui se tiendra à Paris en 1925, manifestation qui donnera naissance au style Art déco. Le courant s'adaptera parfaitement aux contraintes de hauteur des façades et de volume des immeubles imposées par la New York en 1916, afin que les rues conservent un minimum de clarté. Les façades des tours et des immeubles, construits en escalier à partir d'une certaine hauteur, seront recouvertes d'éléments décoratifs expressionnistes et de sculptures très stylisés.
Les plus belles constructions de New York datent de la période 1920/1929 (Chrysler Building - Empire State Building), décennie record en terme de constructions de gratte-ciel. Le Rockefeller Center, construit au début des années 30, constitue le plus bel ensemble Art déco jamais construit au monde.
Style international
approximativement entre 1930 et 1970
Le style international adoptera des lignes très élancées et renoncera à toute ornementation. Il donnera naissance à de gigantesques barres verticales, faites de verre, de béton et d'acier, qui jailliront au milieu d'esplanades également très dépouillées.
Style post-moderne
vers 1975
Le style post-moderne associera des matériaux traditionnels et des références historiques à des réalisations modernes construites à partir de charpentes d'acier. Recouvertes de surfaces de pierre et de verre, les façades adopteront un style moins austère que celui du style international. Les architectes se livreront parfois à quelques fantaisies. Certains n'hésiteront pas à recourir au style Chippendale, d'autres aux néons.
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