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Histoire de la Norvège

C'est à l'époque où la Scandinavie s'est dégagée de l'emprise de la grande calotte glaciaire que les premiers hommes sont apparus sur le sol norvégien, surgissant de l'ombre de la préhistoire.

   Article   

La question de l'adhésion à la CEE devenue entre-temps l'UE est le défi politique majeur que la Norvège a dû affronter dans l'après-guerre. Il se pose pour la première fois dans les années soixante. En 1965, un gouvernement de centre droit dirigé par un Premier ministre centriste, Per Borten, accède au pouvoir après la victoire d'une coalition postélectorale des conservateurs, des centristes, des chrétiens populaires et des libéraux. En 1967, la Grande-Bretagne fait acte de candidature, poussant le gouvernement, pourtant peu enclin à prendre position, à sortir de sa réserve. Le Storting décide alors par 136 voix contre 13 de renouveler sa demande, qui datait de 1962.

Cette décision ouvre une véritable boîte de Pandore politique. Les fronts se cristallisent, et le gouvernement Borten finit par éclater en 1971. Un gouvernement travailliste dirigé par Trygve Bratteli est chargé de mener les négociations. Le résultat de ces pourparlers est soumis au verdict populaire à l'automne 1972. Le référendum se solde par un non à l'adhésion (par 53% contre 47%).

Ce résultat entraîne la démission du gouvernement Bratteli. Un gouvernement de centre droit dirigé par le chrétien populaire Lars Korvald se charge alors de négocier avec la CEE un traité commercial qui régira les relations économiques entre la Norvège et la communauté européenne jusqu'au début des années 90.

Le référendum de 1972 laisse des traces dans les partis, qui pansent leurs blessures. Le parti libéral se scinde en deux, chacune des fractions perdant de ce fait toute audience nationale. Dans les régions excentrées, les travaillistes perdent un grand nombre d'électeurs hostiles à l'adhésion. Ces transfuges vont grossir les rangs des électeurs d'une Alliance électorale socialiste (Sosialistisk Valgforbund), nouvellement créée, qui ratisse large. Elle englobe notamment les anciens dissidents travaillistes de la gauche socialiste (SF) et une bonne partie des voix communistes. L'Alliance socialiste entre au Storting avec 16 députés. Rebaptisée plus tard Gauche socialiste, elle représente de nos jours environ 6% des électeurs.

Malgré son recul en 1973, le parti travailliste conserve le pouvoir et forme un gouvernement minoritaire, qui restera en place jusqu'en 1981. Il doit alors céder la place à une équipe conservatrice, conduite par Kåre Willoch. Ce gouvernement élargit sa base parlementaire en 1983 en s'alliant aux centristes et aux chrétiens populaires. Les gouvernements Willoch successifs disposent d'une majorité au Storting de 1981 à 1985. Après les élections législatives de cette dernière année, les deux députés du parti du progrès (droite thatchérienne) sont en mesure de faire basculer la majorité vers l'un ou l'autre des deux grands blocs parlementaires. Le parti du progrès saisit assez rapidement l'occasion de voter avec le bloc socialiste, ce qui provoque la chute du gouvernement de droite.

Depuis, à l'exception d'une année (1989-1990), le parti travailliste a conservé le pouvoir et formé plusieurs gouvernements minoritaires, tous dirigés par Gro Harlem Brundtland.

Durant l'intermède 1989-90, le pays a été dirigé par une coalition de centre droit, formée de personnalités issues des partis conservateur, chrétien populaire et centriste. Le Premier ministre en a été le conservateur Jan P. Syse.

Si l'alternance ne parvient pas à s'imposer, c'est que la question européenne a refait surface. Les divergences de vue de plus en plus marquées entre les conservateurs (favorables à l'adhésion) et les centristes (farouchement hostiles à la construction européenne) finissent par avoir raison de la coalition gouvernementale. Lors d'un référendum organisé à l'automne 1994, les Norvégiens refusent une nouvelle fois d'adhérer à l'UE : 52,5% de non contre 47,5% de oui. Une fois encore, la question européenne réveille les passions. La participation au scrutin de 1994 atteint 88,5%, soit 9,4 points de mieux qu'en 1972.

La Suède, la Finlande et l'Autriche, qui viennent de dire oui à l'Europe, quittent l'AELE. Au premier janvier 1995, seuls la Norvège, le Liechtenstein, l'Islande et la Suisse restent membres de l'association européenne de libre-échange.

Contrairement au gouvernement travailliste de Trygve Bratteli, qui avait choisi de démissionner en 1972 après sa défaite sur la question européenne, le gouvernement Brundtland poursuit 22 ans plus tard son action comme si de rien n'était.

A l'occasion du référendum, le clivage entre partisans et adversaires de l'Europe ne recoupait pas les partis. La ligne de front passait parfois au sein même de certains partis, des catégories socio-professionnelles et ravivait la tension entre ville et campagne. La situation ne s'en est pas moins normalisée assez rapidement à l'issue du référendum.

Par la suite, la centriste Anne Enger Lahnstein, «reine du non» et chef d'orchestre incontesté de l'opposition à l'UE, continue à combattre ce qu'elle appelle «le processus continu d'adaptation à l'UE». Le parti centriste n'en accuse pas moins un recul considérable lors des élections locales de 1995.

Il est probable que les propos de Gro Harlem Brundtland, affirmant que la Norvège ne tenterait sans doute pas d'entamer de nouvelles négociations avec l'UE au cours de ce siècle, aient apaisé nombre de ses concitoyens.

Autre point capital, le traité de l'Espace économique européen (EEE) conclu entre l'UE et l'AELE en 1992 garantit la participation de la Norvège au devenir économique de l'EEE, lui ouvre l'accès au marché unique et lui permet de participer aux projets européens de collaboration lancés dans de nombreux domaines annexes. Le traité permet aux entreprises norvégiennes de concourir à armes égales sur le marché européen avec les autres pays de l'UE et de l'EEE.

Par ailleurs, des institutions ont aussi été mises en place pour que la Norvège puisse exercer une influence sur la réglementation nouvelle dans les domaines couverts par le traité, dès sa conception.

L'auteur de cet article, Tor Dagre, a été rédacteur en chef de Nouvelles de Norvège.

La Libération

   Sommaire   

1. Premiers hommes
2. L'époque des Vikings (d'environ 800 à environ 1050)
3. L'unification de la Norvège
4. La conversion au christianisme
5. Le Moyen Age
6. L'union avec le Danemark
7. La sécession
8. 1814-1905
9. La Norvège après 1905
10. La Seconde Guerre mondiale
11. La Libération
12. La Norvège et l'Union européenne




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