 |  |  Histoire de la Norvège
C'est à l'époque où la Scandinavie s'est dégagée de l'emprise de la grande calotte glaciaire que les premiers hommes sont apparus sur le sol norvégien, surgissant de l'ombre de la préhistoire.
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Dans les années qui suivirent cet événement, la Norvège dut se battre à plusieurs reprises pour sa survie. Elle subit la pire dépression économique jamais vécue. Le marché commun avec le Danemark n'existait plus et le marché britannique se ferma aux exportations de bois norvégiennes. Mines et scieries perdirent leur clientèle étrangère. De nombreux bourgeois du Sud-Est parmi les plus aisés firent faillite. La crise fut longue et dure.
Pendant cette période de revers économiques, le Storting (l'assemblée nationale norvégienne) et la monarchie suédoise s'affrontèrent à plusieurs reprises. On se servit de la Constitution pour supprimer les titres de noblesse, et cela en partie pour empêcher le roi de Suède de se créer des appuis en anoblissant des Norvégiens. Une crise ouverte éclata en 1821 lorsque le roi de Suède réunit des troupes autour d'Oslo pour contraindre le Storting à accepter une autorité accrue du pouvoir royal. Cette tentative échoua.
A partir des années trente, la Norvège entra dans une période de stabilité économique. Il devenait nécessaire d'assouplir les réglementations commerciales et douanières. Les droits d'accès aux activités commerciales furent étendus et des pratiques de libre échange furent autorisées. La participation norvégienne au développement européen prit d'autres aspects. La première voie ferrée, entre Oslo et Eidsvoll, fut construite en 1854. On installa des lignes télégraphiques, on utilisa de nouveaux modes d'exploitation agricole.
Les fondements de l'industrie moderne furent posés en 1840, lors de la création des premières usines textiles et des premiers ateliers de construction mécanique. Entre 1850 et 1880 la marine marchande prit un essor spectaculaire.
Le développement de l'économie fut suivi d'une intensification des conflits sociaux. La révolution de 1848 ne fut pas sans conséquences pour les mouvements politiques dans la classe ouvrière. Les revendications d'une réforme démocratique se firent plus pressantes.
Au sein du Storting, les antagonismes s'accentuèrent peu à peu entre les représentants des hauts fonctionnaires, et les représentants des paysans et des radicaux les paysans faisaient partie de la majorité dès 1833. La première tentative de créer un parti, en 1859, se révéla infructueuse, mais dix ans plus tard le premier bloc de la gauche libérale se constitua, sans être toutefois structuré comme un parti. Le premier parti politique, la Gauche radicale, fut constitué en 1884 et sa contrepartie conservatrice, le Parti Conservateur(la Droite) fut créée quelques mois plus tard.
Les désaccords avec la monarchie suédoise firent rapidement leur apparition. Une des raisons principales en était que les autorités suédoises avaient la mainmise sur la politique étrangère de l'Union. Dès 1827, le Storting demanda au roi que le Premier ministre norvégien ait son mot à dire en la matière. Les Norvégiens demandèrent d'autres mesures de rééquilibrage, telle l'adoption d'un pavillon national sur les navires de commerce.
Toutefois le principal conflit entre les deux nations portait sur l'instauration d'un régime parlementaire et de l'adoption du principe constitutionnel qui veut qu'un gouvernement ne puisse rester au pouvoir qu'avec l'accord de l'assemblée nationale. C'est dans ce but que le Storting vota des amendements à la Constitution en 1874, 1879 et 1880 et invita à chaque fois des ministres de la couronne aux débats parlementaires. A chaque fois le roi refusa les amendements.
On se demanda donc si les amendements à la Constitution requéraient vraiment les consentements conjoints du roi et du Storting. C'était ce que prétendaient le gouvernement et les représentants du groupe conservateur. Mais les libéraux de gauche décidèrent de précipiter une crise en provoquant une mise en accusation. En 1883, après une campagne électorale d'une violence sans précédent, la gauche libérale envoya 82 députés siéger au Storting, les conservateurs n'en ayant que 32. Le gouvernement Selmer fut poursuivi devant la Haute Cour de justice, puis condamné à abandonner certaines fonctions en 1884, et surtout pour avoir conseillé au roi de refuser les amendements à la Constitution. Après une période de transition où les Conservateurs assurèrent la gestion des affaires publiques, le roi n'eut pas d'autre choix que de confier la direction du gouvernement au chef de la gauche libérale, M. Johan Sverdrup. C'était la consécration du régime parlementaire norvégien.
Les libéraux firent aboutir plusieurs réformes auxquelles ils tenaient, dont l'introduction du jury dans les procès, la réorganisation de l'armée et une nouvelle loi sur l'école primaire.
A la fin du 19e siècle les heurts à propos de l'Union se multiplièrent : les Suédois voulaient que le Ministre des affaires étrangères de l'Union soit suédois, le Storting exigeait la création de consulats exclusivement norvégiens. De part et d'autre le climat se détériorait. L'armée suédoise intervint pour contrecarrer toute initiative. De leur côté, les Norvégiens consacrèrent les dernières années du siècle à la création d'une armée nationale.
Ce fut la question de la représentation consulaire séparée qui déclencha le dernier conflit. Le 11 mars 1905, le gouvernement Michelsen fut constitué pour régler ce problème de façon unilatérale. Le 7 juin, le gouvernement démissionna. Mais le Storting lui demanda de différer son départ, conformément à la Constitution et aux lois en vigueur, et "conformément aux amendements rendus nécessaires du fait que l'Union avec la Suède sous l'autorité d'un seul roi est dissoute et que le roi de Suède est déchargé de ses fonctions de roi de Norvège".
Pour les Norvégiens, l'Union était rompue. Mais les Suédois réclamèrent un référendum pour savoir si la population se ralliait à cette décision. Qui plus est, la Suède exigea des négociations sur les conditions d'une dissolution de l'Union.
Le référendum eut lieu en août 1905. 368 392 Norvégiens se prononcèrent pour la dissolution et 184 furent contre.
Les négociations se tinrent à Kalstad en août et septembre. On se mit d'accord sur une séparation à l'amiable et sous certaines conditions.
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