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Paternité
Le père du peintre, Charles Delacroix, fut un secrétaire de Turgot avant d'être député de la Convention (il votera la mort du roi), puis préfet. Sa mère, Victoire Oeben, descendait d'une famille d'ébénistes de renom.
Selon certains historiens, Eugène Delacroix aurait eu pour père biologique Talleyrand. Le père légitime, prédécesseur de Talleyrand comme ministre des relations extérieures, était affecté d'une excroissance qui l'empêchait de procréer avec les moyens de l'époque et Talleyrand fréquentait assidûment son épouse pendant cette période. Quoi qu'il en soit, Talleyrand accorda au peintre la même protection efficace que s'il avait été son propre fils, et ceci, pendant tous les régimes qu'il servit (la Restauration et la monarchie de juillet). Le petit-fils adultérin de Talleyrand, le duc de Morny, président du corps législatif et demi-frère utérin de Napoléon III, fit de Delacroix le peintre officiel du Second Empire, bien que l'empereur lui préférât Winterhalter et Meissonnier.
Talleyrand était blond et pâle, alors que, décrivant leur ami Eugène Delacroix à la chevelure de jais, Baudelaire parle d'un "teint de Péruvien" et Théophile Gautier d'un air de "maharadjah". À la chute du Second empire, époque où la génétique en était à ses balbutiements, cette caractéristique physique constitua un argument pour les amis et les admirateurs de Delacroix afin de lui éviter la disgrâce posthume d'avoir appartenu à la clique impériale.
Le peintre romantique
Delacroix fut élève de Guérin, d'abord en atelier privé, ensuite à l'École des Beaux-Arts, mais abandonna bientôt la tradition académique, sacrifia le dessin à la couleur, et, suivant un mouvement semblable à celui qui s'accomplissait alors dans la poésie, produisit une foule d'oeuvres fort admirées des uns, fort critiquées par d'autres, qui firent de lui le chef de l'école romantique en peinture, et dont les incontestables mérites lui ouvrirent, après bien des résistances, les portes de l'Institut de France (1857).
Delacroix proposera son Dante et Virgile en Enfer à l'importante exposition de Paris de 1822 et le Massacre à Chios en 1824. Cette dernière oeuvre, qui s'inspire du massacre de 20.000 Grecs par les Turcs dans l'île de Chios, sera acquise par l'Etat pour 6000 francs.
Influencé par les techniques de peintres anglais tel John Constable, Delacroix visitera l'Angleterre en 1825. Ses promenades dans les galeries, visites dans les théâtres et l'observation de la culture des Anglais en général produiront une impression durable sur lui.
Entre 1827 et 1832, il abordera les thèmes historiques et peindra La bataille de Nancy et La bataille de Poitiers. Le poète Lord Byron lui inspirera la mort de Sardanapale pour le Salon de 1827. Delacroix produira également 17 lithographies pour illustrer l'édition française du Faust de Goethe. La Révolution française de 1830 lui inspirera le fameux La liberté guidant le peuple.
Le peintre trouvera une nouvelle source d'inspiration à l'occasion d'un voyage au Maroc, en 1832. Il fut l'un des premiers artistes à aller peindre, l'Orient d'après nature, ce qui nous valut, outre de très nombreux croquis et aquarelles, quelques belles toiles de la veine des Femmes d'Alger dans leur appartement.
Il peindra un ensemble de tableaux muraux pour la chambre du roi, au Palais-Bourbon, et poursuivra ce genre d'exercice jusqu'en 1861, notamment au Louvre et au Musée historique de Versailles. La plupart de ses peintures architecturales nécessiteront de nombreuses heures de travail sur des échafaudages.
Delacroix est l'artiste emblématique du romantisme en peinture. Souvent opposé à Ingres, considéré comme néoclassique, notamment par les critiques des différents salons où ils exposèrent, il devient, lors de l'exposition universelle de 1855, l'homme qui sut dépasser la formation classique pour renouveler la peinture. À sa mort, les artistes contemporains lui rendirent de vibrants hommages, notamment Gustave Courbet. Authentique génie, il a laissé de nombreuses oeuvres engagées qui étaient souvent en rapport avec l'actualité : Les massacres de Scio ou encore La Liberté guidant le peuple. Ce dernier tableau sera représenté à la fin du XXème siècle sur le billet de 100 francs. Il s'agissait alors du seul billet de banque au monde représentant une femme aux seins nus. On le retrouvera également sur un timbre poste.
Delacroix exécuta nombre de tableaux à thèmes religieux (Crucifixion, Jacob et l'Ange, le Christ sur le lac de Génésareth, etc.), bien qu'il se soit parfois déclaré athée.
La plupart des oeuvres de Delacroix sont d'inspiration littéraire. Il en était ainsi déjà de sa La Barque de Dante. Il en sera ainsi de son Sardanapale, inspiré d'un poème de Byron, et de sa Barque de don Juan, tiré d'un autre poème de Byron. Quantité d'autres peintures feront référence aux oeuvre de Shakespeare, de Goethe ou d'autres écrivains.
L'oeuvre de Delacroix inspirera nombre de peintres, tel Vincent Van Gogh.
Plusieurs oeuvres de Delacroix sont exposées au musée du Louvre.
La Société Nationale des Beaux-Arts
Eugène Delacroix participa à la création, en 1862, de la Société Nationale des Beaux-Arts mais laissa son ami, le peintre, poète et romancier Théophile Gautier (qui l'a fait connaître dans le cénacle romantique), en devenir le président avec le peintre Aimé Millet comme vice-président. En plus de Delacroix, le comité était composé des peintres Albert-Ernest Carrier-Belleuse, Pierre Puvis de Chavannes et parmi les exposants se trouvaient Léon Bonnat, Jean-Baptiste Carpeaux, Charles-François Daubigny, Laura Fredducci, Gustave Doré et Edouard Manet. En 1864, juste après la mort de Delacroix, la société organisa une exposition rétrospective de 248 peintures et lithographies.
Peintures
• La Barque de Dante ou Dante et Virgile (aux enfers) (1822), 189x241,5 cm, Musée du Louvre, Paris
• Aline la mulâtresse ou Portrait d'Aspasie la Mauresque (vers 1824), Musée Fabre, Montpellier
• Jeune orpheline au cimetière (1824)
• Scènes des massacres de Scio (1824), Musée du Louvre, Paris
• La Grèce sur les ruines de Missolonghi (1826), 213x142 cm., Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
• La Mort de Sardanapale (1827-1828), Musée du Louvre, Paris
• La Liberté guidant le peuple (1830), 260x325 cm., Musée du Louvre, Paris
• La bataille de Nancy (1831), 237x350 cm, Musée des Beaux-Arts de Nancy
• Femmes d'Alger dans leur appartement (1834), 180x229 cm., Musée du Louvre, Paris
• La Bataille de Taillebourg (1835-1837), 485x555 cm., Musée du Château de Versailles
• Autoportrait au gilet vert (illustration ci-dessus dans la biographie) (1837), 65x54,5 cm., Musée du Louvre, Paris
• Autoportrait (1840), Galerie des Offices, Florence
• Entrée des Croisés à Constantinople (1840), 410x498 cm., Musée du Louvre, Paris
• Le Christ en croix (1846), The Walters Art Gallery, Baltimore.
• Paysage à Champrosay vers 1849, Musée Malraux, Le Havre
• Le Christ sur le lac de Génésareth (vers 1853), Portland Art Museum.
• La fiancée d'Abydos (1857), 47,7x40 cm.
• Ovide chez les Scythes (1859), 88x130 cm., National Gallery, Londres
• La Chasse aux lions (1861)
• Médée furieuse (1838-1862), 260x165 cm., Musée des Beaux-Arts, Lille, 122,5x84,5 cm., Musée du Louvre, Paris
• La grande Gigue (1855-1856)
• Lutte de Jacob avec l'Ange (1855-1861), Église Saint-Sulpice, Paris
• Portrait de Chopin (1838), Musée du Louvre, Paris
• Orpheus (ou Orphée en Grec) et Eurydice
Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Delacroix
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 | Barque de Dante Peinture Ferdinand Victor Eugène Delacroix, Edouard Manet (vers 1859) |
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