| Description |  |
L'église Saint-Sauveur-in-Chora ou Musée de Kariye est située dans le quartier de la Porte d'Edirne (Edirnekapi). Son nom vient du grec "chora" qui veut dire "dans les champs", soit hors des murs de la ville construits par l'empereur Constantin. Le monastère sera incorporé à l'intérieur de la deuxième muraille construite par l'empereur Théodose en 413. Le bâtiment religieux, détruit par un séisme en 557 sous l'empereur Justinien, sera reconstruit. Victime d'un nouveau tremblement de terre au VIIIème siècle, il sera une nouvelle fois restauré. |
| Histoire |  |
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Le Patriarche Germain Ier (715-730) sera enfermé dans le monastère après avoir été déposé en raison de son opposition à la politique iconoclaste de l'Empereur Léon III l'Isaurien. Le lieu de culte sera déserté durant le règne de Constantin V (780-797) et la phase la plus aiguë de la controverse iconoclaste. Siméon, supérieur du monastère, participera activement au Second Concile de Nicée (787), qui autorisera le culte des images. Confié à des moines orthodoxes qui négligeront son entretien, le monastère tombera en ruine. Marie Doukaina, femme d'Isaac Ier Comnène (1057-1059) et parente de l'impératrice Catherine, fera édifiée une nouvelle basilique en forme de croix, surmontée d'une coupole.
Le Grand Logothète du Trésor (Contrôleur du Trésor privé) Théodore Métochite (1270-1331), grand savant et humaniste au temps d'Andronic II Paléologue (1282-1328), investira sa fortune dans la restauration des lieux. L'érudit, qui apparaît offrant son église à Dieu dans le tympan au-dessus de la nef, fera rajouter l'exonarthex et le paracclésion. Il fera exécuter par les plus grands artistes de son époque, entre 1315 et 1321, le décor de mosaïques et de fresques visible aujourd'hui. Théodore Métochite, exilé lorsque Andronic III (1328-1341) usurpera le trône à son grand-père, sera autorisé à finir ses jours dans le monastère de Chora où il décédera le 13 mars 1331 et sera enterré.
L'icône miraculeuse et protectrice de la Hodeguetria (Celle qui montre le Chemin), exécutée selon la tradition par l'Evangéliste Saint Luc et conservée dans le monastère de la Panaghia Hodeguetria, était promenée le long des remparts de la ville lorsqu'elle était assiégée. L'historien Ducas, dans son récit de la Prise de Constantinople, que la Poterne de Xylokerkos sera ouverte pour permettre aux défenseurs de tenter une sortie le 27 mai. L'icône, placée à Chora située à proximité, n'empêchera pas les assiégeants de pénétrer dans la ville. Le monastère sera pillé, les pierres précieuses incrustées autour de l'image pieuse arrachées, et l'icône détruite.
L'église sera transformée mosquée en 1511 ("Kariye Camii") sur ordre d'Atik Ali Pasa, Grand Vizir de Bayazit II. Les mosaïques et fresques seront recouvertes d'un badigeon de chaux qui les préservera. Redécouvertes au XIXème siècle, les images seront restaurées entre 1948 et 1959 par l'Institut Byzantin Américain. A l'exception de quelques fragments de mosaïques du XIème siècle, comme le Christ Pantocrator (le Tout Puissant) placé au-dessus de la porte qui sépare l'exonarthex de l'exonarthex, les mosaïques et les fresques à fond d'or de l'église datent du XIVème siècle. Elles comptent parmi les plus belles du monde byzantin. |