inseculaS'enregistrer
Devenir membre

Envoyer la page
Votre espace
Acceder aux forums
Rediger un commentaire
Envoyer une photo
Envoyer une video
Rédiger un blog
Insecula > Lieux > Berlin
Berlin
Cliquer pour voir plus de photos du lieu

Berlin (Allemagne)
   Visite virtuelle   28 sections et 208 éléments
Monuments et édifices (7)
Parcs et jardins (2)
Ponts (2)
Quartiers (17)


Description   

60 Ko
Berlin offre aujourd'hui le visage d'une ville reconstruite et restaurée, différente en de nombreux points des grandes capitales du monde occidental. Le système politique allemand, basé sur le fédéralisme, offre une grande autonomie aux Landers. Cette décentralisation réduit le rôle administratif du pouvoir central. Dans le domaine économique, les sièges sociaux des grandes entreprises allemandes sont répartis sur tout le territoire. Bonn, capitale de l'ancienne Allemagne de l'Ouest, était une ville de taille très moyenne. En faisant de Berlin la capitale du pays réunifié, les autorités ont lancé des chantiers dans des zones qui n'avaient pas, pour la plupart, été reconstruites après leur destruction au cours de la Seconde Guerre mondiale.


103 Ko
La destruction du Mur de Berlin a libéré des no man's land dans le centre de la ville, notamment la Potsdamer Platz, la Pariser Platz et la Leipziger Platz, les quartiers les plus animés avant 1945. Les principales artères de la ville (Kurfürstendamm, Unter den Linden et Friedrichstrasse) ont été réaménagées, ainsi que les quartiers de l'est, notamment les districts de Prenzlauerberg et de Mitte.


62 Ko
Les ambassades ont suivi le mouvement des grands ministères, de Bonn à Berlin, soit en construisant de nouvelles légations (France, pays scandinaves), soit en s'installant dans leurs anciens bâtiments (Italie, Espagne, Japon). Plusieurs centaines d'architectes (environ 800) ont été sollicités. Pratiquement tous les grands cabinets du monde sont intervenus. A ce titre, Berlin témoigne comme nulle autre ville des tendances de l'architecture après 1990. A elle seule, la reconstruction de la ville justifie sa visite.

Les touristes qui se rendent à Berlin devront prévoir environ une semaine pour découvrir tous ses trésors. Un week-end prolongé de trois jours est suffisant pour visiter le centre ville et quelques grands musées. Ceux qui disposent de plus de temps ne manqueront pas d'inscrire les châteaux de Charlotteburg et de Sans-Souci (Postdam) à leur programme.

La ville se découvre à pied et à vélo. Les transports en communs sont très performants pour la visite des lieux les plus éloignés. Dernier détail, et non le moindre : Berlin n'est pas une ville chère. Elle est desservie par le train et l'avion, notamment par les compagnies low-cost (Easyjet).


93 Ko
Programme résumé des visites

Le quartier du Reichstag et de Bellevue héberge le Quartier du Gouvernement, avec sa nouvelle Chancellerie et ses nouveaux ministères. Il est situé le long de la Spree, sur la rive opposée de celle de la nouvelle gare centrale de Berlin. La visite du dôme du Reichstag s'impose.

En partant de la Porte de Brandebourg, située derrière le parlement, les visiteurs remonteront l'avenue Unter den Linden, jusqu'aux musée de l'Histoire Allemande. Ils se dirigeront ensuite vers le nouveau ministères des Affaires Étrangères afin de rejoindre la Gendarmenmarkt et les commerces qui l'entourent.


67 Ko
L'Ile aux Musées (Museumsinsel), classée au Patrimoine de l'Humanité par l'Unesco (1999), occupe la pointe septentrionale de l'île de la Spree qui constituait le coeur de la ville, dans le prolongement de l'avenue Unter den Linden. Elle héberge le Berliner Dom (cathédrale de Berlin) et les grands musées de Pergame, Bode, l'Ancien Musée consacré aux collections des antiquités grecques, le Nouveau Musée qui retrouvera à sa réouverture en 2009 sa collection d'antiquités égyptiennes, et l'Ancienne Galerie Nationale.

Sur la rive est de la Spree, en face de l'Ile des Musées, les touristes visiteront le Quartier Saint-Nicolas et l'Alexanderplatz dominée par la tour de télévision.


60 Ko
La partie la plus spectaculaire du nouveau Berlin concerne la reconstruction de la Potsdamer Platz -entièrement rasée par les bombardements, puis traversée par le Mur de Berlin - et ses immeubles ultramodernes.

Le Kulturforum, mitoyen du Sony Center, héberge la Philharmonie de Berlin, ainsi que la Galerie de Peinture (XIIIème au XVIIIème siècle), la Nouvelle Galerie nationale (art moderne et contemporain), la Bibliothèque nationale, le Musée des Arts décoratifs.


81 Ko
Le Quartier diplomatique est le siège de nombreuses légations étrangères qui ont souvent fait appel aux architectes les plus talentueux de leur pays pour construire leur nouvelle ambassade. On y trouve également le siège de la CDU et celui des délégations des Landers auprès du parlement.

La visite de Charlottenburg, de son château et de ses musées (notamment Picasso) nécessite une journée. Il est en de même pour visiter le Château de Sans-Souci.
Histoire   
Capitale de l'empire allemand
Sous l'égide de la Prusse, les États d'Allemagne du nord se fédérèrent à l'issue de la guerre de 1870 selon la "résolution petite-allemande" ; l'empire allemand fut proclamé au traité préliminaire de paix du 26 février 1871, avec le roi de Guillaume Ier de Prusse comme souverain, Otto von Bismarck comme chancelier et Berlin comme capitale.

Berlin était à présent une cité industrielle de 800.000 habitants. Or les infrastructures n'avaient pas suivi la croissance de la population. On entreprit enfin en 1873 la construction du réseau d'égout, qui fut parachevé en 1893. Au décollage économique de la révolution industrielle succéda le krach consécutif à l'Unité allemande, une crise liée à l'apport massif de liquidités correspondant au paiement de l'indemnité de guerre française. L'extension urbaine demeura un sujet controversé. Le 1er janvier 1876, Berlin se vit confier par l'État les ponts et les boulevards de la ville. Signe des temps, les magistrats prussiens, lors du procès de Kreuzberg (1882), firent jurisprudence en donnant tort aux services d'urbanisme contre un particulier qui s'était vu refuser un permis de construire : le tribunal décida que l'État n'était compétent qu'en matière de sécurité publique, non en matière esthétique et paysagère.

Le Reichstag, dont la construction avait commencé en 1884, fut inauguré dix ans plus tard, le 5 décembre 1894.

Pour rééquilibrer la forte croissance du trafic en ville, la construction du métro berlinois (U-Bahn) et des lignes de train de banlieue (S-Bahn) fut décidée en 1896. Dans les quartiers du centre-ville (Kreuzberg, Prenzlauer Berg, Friedrichshain et Wedding), regroupés sous le terme de "Wilhelminischer Ring", les autorités firent construire des logements sociaux pour permettre le logement des ouvriers. Tandis qu'au sud-ouest de Berlin, une banlieue pavillonnaire compacte et très étendue s'était développée depuis 1850, de nouveaux quartiers bourgeois virent le jour à l'ouest à la fin du XIXème siècle. Entre 1904 et 1908, une collection de guides intitulés Großstadt-Dokumente (51 numéros) se consacrait exclusivement à la vie berlinoise. Un pont-aux-ânes de la recherche en urbanisme dans les pays germanophones à la Belle Époque était l'opposition de la ville tentaculaire qu'était Berlin à Vienne, ville d'histoire et de culture. Le premier aérodrome d'Allemagne ouvrit en 1909 à Johannisthal. En 1911, l'association "Zweckverband Groß-Berlin" se donna pour tâche de coordonner le développement des services dans une ville à la croissance explosive. Elle obtint en 1920 la création de la communauté urbaine du "Grand Berlin" (Gross-Berlin) ; une autre conception, toujours actuelle, de cette association est celle de coulée verte.

La Première Guerre mondiale provoqua la famine à Berlin. Au cours de l'hiver 1916-17, on dénombrait déjà 150.000 personnes souffrant de faim, et les grèves commençaient à se multiplier. Lorsque l'armistice fut signé à la fin de 1918, l'empereur Guillaume II abdiqua. A l'issue de la révolution de novembre, le socialiste Philipp Scheidemann et le communiste Karl Liebknecht appelèrent à la république. Dans les mois qui suivirent, Berlin fut le théâtre de multiples émeutes de rues opposant spartakistes et corps francs.

La république de Weimar
Le parti communiste allemand (Kommunistische Partei Deutschlands ou KPD) fut fondé à Berlin à la fin de décembre 1918. Au travers de l'Insurrection spartakiste, il essaya de prendre le pouvoir au mois de janvier 1919, mais la révolution échoua, et l'armée loyaliste exécuta le 15 janvier les deux meneurs, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. En mars 1920, c'était au tour du Parti des Patriotes allemands (Deutsche Vaterlandspartei) mené par Wolfgang Kapp, de tenter de renverser le gouvernement. Les garnisons de Berlin se joignirent cette fois aux émeutiers, et les palais gouvernementaux furent occupés (le gouvernement de la République de Weimar avait déjà quitté la capitale). Mais une grève générale mit un terme au coup d'État.

La communauté d'agglomération du Grand-Berlin (Gross-Berlin) fut instaurée par la loi du 1er octobre 1920. Le Vieux-Berlin se trouva ainsi agrandi par absorption de sept villes avoisinantes (Charlottenbourg, Köpenick, Lichtenberg, Neukölln, Schöneberg, Spandau et Wilmersdorf), 59 communes et 27 districts ruraux, le tout divisé en 20 districts. L'ensemble représentait alors 3 804.048 habitants.

En 1922, le ministre des Affaires étrangères Walther Rathenau fut assassiné à Berlin. La ville fut en état de choc, et près d'un demi-million de citadins défilèrent à son enterrement.

La situation économique était catastrophique. Le traité de Versailles condamnait l'Allemagne à verser de lourdes réparations de guerre. Pour faire face à la situation, le gouvernement fit tourner la planche à billets. Cette pratique, qui se superposait à une économie déprimée, conduisit à une hyperinflation, supportée principalement par les prolétaires, les salariés et les petits rentiers. La situation commença à s'améliorer à partir de 1924 suite à une renégociation avec les Alliés, à des fonds d'aide américains ainsi qu'à une politique financière plus rigoureuse. C'était le début des Années folles à Berlin, une période faste appelée en allemand "die Goldene Zwanziger". Berlin devint la plus grande ville industrielle en Europe. Grâce à des personnalités comme l'architecte Walter Gropius, le physicien Albert Einstein, le peintre George Grosz, les écrivains Arnold Zweig, Bertolt Brecht et Kurt Tucholsky, et des acteurs et cinéastes comme Marlene Dietrich, Friedrich Wilhelm Murnau et Fritz Lang, Berlin était le centre culturel de l'Europe. La vie nocturne de cette époque a trouvé sa plus célèbre expression dans le film Cabaret.

L'aéroport de Tempelhof fut inauguré en 1924. Cette même année, le salon international de la radiodiffusion de Berlin, un des plus anciens salons industriels d'Allemagne, se tint pour la première fois au Parc des Expositions de Berlin (Messegelände). Berlin était le second plus grand port fluvial du pays. Les lignes ferroviaires de métro, de banlieue et de ceinture, électrifiées depuis 1924, furent fédérées en 1930 sous le nom de S-Bahn. Cette infrastructure était devenue indispensable à une population de 4 millions d'habitants. A l'occasion du 3e Salon international de la radiophonie en 1926, on inaugura la Berliner Funkturm. De 1930 à 1933, l' Association Aérospatiale, dont le futur ingénieur Wernher von Braun était membre, procéda aux premiers essais de tirs de fusées sur la Raketenflugplatz de Berlin dans le faubourg nord de Tegel.

Cette courte période de prospérité prit fin avec la Crise économique de 1929. Cette même année, le parti nazi d'Adolf Hitler remporta ses premiers sièges au parlement. Le gouvernement régional prussien dirigé par Otto Braun fut déposé le 20 juillet 1932 lors d'un coup d'État, connu sous le nom de Preussenschlag : la république commençait à céder sous les coups conjugués des menées extrémistes de droite et de gauche.

Le Troisième Reich
Son parti ayant remporté les nouvelles élections législatives, Hitler fut choisi comme chancelier par le président von Hindenburg le 30 janvier 1933. Berlin ne fut jamais un centre actif du nazisme, mouvement politique qui trouvait ses racines en Bavière. Capitale de la république de Weimar, Berlin était même ce que les nazis honnissaient ; mais ce fut pourtant la capitale du IIIe Reich.

Le Reichstag fut incendié sur ordre des nazis le 27 février 1933, afin de suspendre momentanément le fonctionnement des institutions démocratiques de la République de Weimar.

Il y avait à Berlin en 1933 environ 160.000 Juifs, soit un tiers des juifs d'Allemagne, et 4% de la population de l'agglomération. Un tiers d'entre eux étaient des immigrants d'Europe de l'Est, massés dans le quartier du Scheunen près de l'Alexanderplatz. Principale cible du nouveau régime, ils durent renoncer aux emplois les plus prestigieux : dès mars 1933, tous les médecins juifs exerçant à l'hôpital "La Charité" durent démissionner. Pendant la première semaine d'avril, les militants nazis organisèrent le "boycott des juifs", empêchant les Berlinois de fréquenter les magasins tenus par des juifs.

Les Jeux Olympiques devaient se tenir dans la capitale en 1936, et les Nazis reprirent à leur compte cette décision, rappelant que les Jeux de 1916, qui auraient dû se tenir à Berlin, avaient été annulés pour cause de guerre. Pour ne pas isoler politiquement Berlin des autres grandes capitales, ils procédèrent à une mise en scène consistant à supprimer momentanément les panneaux d'interdiction et de proscription anti-juifs, tels les affiches "Für Juden verboten" ("Interdit aux juifs"). Le jubilé des 700 ans de Berlin, l'année suivante, permit à nouveau à la propagande nazie de s'exprimer en ville.

Au plan de l'urbanisme, les nazis cherchaient également à donner au Reich une capitale à sa mesure, et imaginèrent de faire de Berlin une Germania dans le style colossal. Les constructions devaient s'étaler de 1938 à 1950. Selon les plans de l'architecte officiel Albert Speer, il s'agissait, en faisant au besoin disparaître les quartiers historiques de la ville, de percer la ville de boulevards rectilignes de largeur démesurée (pour les défilés), ponctués par des édifices monumentaux. Au centre était prévu le "grand pavillon du peuple", une gigantesque halle destinée à accueillir les discours du Fuhrer avec une coupole de cuivre d'une hauteur totale de 280 mètres. L'édifice aurait écrasé de son volume le Reichstag à ses pieds.

Tout autour de ce noyau gouvernemental, des autoroutes devaient donner à Germania une touche moderne. Pour le projet Germania, des milliers de juifs berlinois furent expropriés afin d'attribuer leurs appartements aux habitants délogés par les travaux de destruction préalables. Des milliers de travailleurs forcés furent transportés à Berlin depuis des camps de concentration. Quoique la plupart de ces projets n'aient pas vu le jour du fait de la guerre et des restrictions économiques propres au régime nazi, il subsiste des vestiges des premières constructions de Speer, que l'on peut encore voir aujourd'hui. Une exposition leur a été récemment consacrée.

Lors de la Nuit de cristal du 9 au 10 novembre 1938, un pogrom national entraîna l'incendie des synagogues, la destruction des magasins et des maisons habitées par des juifs, et plusieurs arrestations. En 1939, il y avait encore 75.000 juifs vivant à Berlin. Le 18 octobre 1941, le premier d'une série de 63 convois quitta de la gare de Grunewald, transportant des juifs jusqu'à l'ancien faubourg de Litzmannstadt, marquant le début de l'holocauste. On déporta dans ce camp de concentration 50.000 personnes, la plupart y étant exécutées. Le quartier de Wannsee fut le siège de la conférence de 1942 prononcée par le chef de l'Office central de la Sécurité du Reich, le SS Reinhard Heydrich, fixant l'organisation de la Solution finale. Un peu plus de 1 200 juifs parvinrent à survivre en cachette à Berlin.

Le camp de concentration de Sachsenhausen, établi à 30 km au nord-ouest de Berlin près de la résidence royale d'Oranienburg, était destiné à la détention des prisonniers politiques et des prisonniers de guerre russes. Des dizaines de milliers de détenus y périrent. Sachsenhausen desservait plusieurs camps de travail forcé installés autour des usines d'armement, dont plusieurs se trouvaient à Berlin même.

Berlin devient durant la Seconde Guerre mondiale une cible prioritaire des bombardements alliés. La bataille de Berlin avec les forces soviétiques est acharnée et les dégâts sont considérables : de 1939 à 1945, la population chute de 4,3 à 2,8 millions d'habitants ; la ville est en grande partie détruite, le centre-ville un désert de ruines, débarrassées par les "femmes des ruines".

Cependant Berlin n'est pas, contrairement à une idée reçue, la ville la plus détruite d'Allemagne. En 1945, 20% des logements sont dits "inhabitables", ce qui est un taux relativement faible par rapport à d'autres cibles de l'aviation britannique, comme Dresde, Francfort ou Cologne. Les bombardements alliés se sont concentrés sur les quartiers centraux, mais ont épargné volontairement des zones proches des aéroports que l'on souhaitait utiliser après la fin des hostilités. De plus, la faible densité de Berlin, (moins de la moitié de celle de Paris), la largeur des boulevards, les nombreux espaces verts ont empêché de nombreuses munitions d'atteindre un objectif. Enfin les bombardements alliés les plus meurtriers et les plus destructeurs furent ceux, de sinistre mémoire, de Hambourg et de Dresde, du fait de techniques mixtes, mêlant explosifs et torches incendiaires, aux effets combinés dévastateurs. Ces formules n'ont jamais réussi à Berlin.

La ville divisée
A l'issue de la conférence de Yalta, tenue du 2 au 11 février 1945, les Alliés s'accordèrent pour diviser non seulement l'Allemagne en quatre zones d'occupation, mais également l'ancienne capitale du Reich, Berlin : les quatre puissances occupantes, responsables chacune d'un secteur, seraient : les États-Unis d'Amérique, la Grande-Bretagne, la France, et l'Union Soviétique. Les forces soviétiques évacuèrent pendant l'été 1945 les quartiers ouest de Berlin, où elles avaient combattu les derniers nids de résistance nazie au printemps, et cela bien qu'encore au mois de mai, elles eussent investi un premier magistrat à leur solde en la personne d'Arthur Werner ainsi qu'un gouvernement provisoire composé d'anciens membres du KPD allemand dissout.

Malgré la division officielle de Berlin, les Alliés optèrent pour un gouvernement unique des trois secteurs sous leur responsabilité. Les désaccords politiques entre les Alliés et l'Union soviétique ne tardèrent pas à s'élever : la création de la Bizone, puis de la Trizone ; la création subséquente d'un nouvel État allemand, la RFA ; enfin la proclamation unilatérale d'une réforme monétaire dans les secteurs ouest, qui s'ensuivit d'un afflux de Reichsmarks dévalorisés dans la zone d'occupation soviétique, sont autant d'initiatives que les autorités Russes interprétèrent comme des entorses aux accords de Yalta. On peut cependant les regarder comme la conséquence logique du refus des Soviétiques d'étendre le plan Marshall à leur secteur d'occupation, refus qui traduisait finalement déjà la recherche d'une voie séparée à l'Est, ce qui était en soi inacceptable. Ainsi, tandis que dans le secteur Est, on parlait encore de réparations de guerre aux dépens de l'Allemagne, l'économie de l'Allemagne de l'Ouest et des quartiers ouest de Berlin était remise à flot par le plan Marshall et libéralisée.

Les premières élections municipales du Grand-Berlin se tinrent le 20 octobre 1946 dans les quatre secteurs d'occupation et se soldèrent par une nette victoire du SPD devant la CDU et le SED communiste. Il s'ensuivit une opposition politique croissante tant dans l'administration quotidienne de la ville que dans les délibérations du conseil municipal, allant jusqu'à des émeutes et des occupations de locaux dans les secteurs ouest, une agitation probablement alimentée par les communistes, bien que désavouée officiellement par les élus du SED.

Un nouveau scrutin qui devait se tenir sur l'ensemble du "Grand Berlin" le 5 décembre 1948, désigna Ernst Reuter à la tête de la ville. Cependant il ne fut organisé que dans les secteurs ouest, les autorités soviétiques l'ayant interdit dans le secteur qu'elles administraient. D'ailleurs, les élus du SED qui avaient organisé de leur côté dès le 30 novembre un "conseil des représentants de quartier" auquel participaient de prétendues délégations des usines de la zone Est, avait déjà réinvesti dans ses fonctions le premier magistrat loyaliste, et qui nomma Friedrich Ebert junior (le propre fils du défunt président de la République) maire de l'agglomération du Grand Berlin.

A partir de ce jour, la ville de Berlin se retrouva alors définitivement divisée en deux tant politiquement qu'administrativement, avec deux municipalités concurrentes : Berlin-Ouest et Berlin-Est

Le blocus et le pont aérien
Durant la guerre froide, Berlin constitue un point de discorde entre les deux blocs et l'URSS de Staline qui cherche à faire pression sur le bloc de l'Ouest en organisant un blocus à partir du 24 juin 1948. Les Américains y répondent dès le lendemain par un pont aérien qui dure jusqu'à la fin du blocus en mai 1949, transportant près d'un million neuf cent mille tonnes de ravitaillement (dont 80 % de charbon).

Berlin et la fondation des deux Allemagnes
La loi constitutionnelle du 23 mai 1949 qui créait la République fédérale d'Allemagne à partir des trois zones d'occupation américaine, britannique et française, faisait par son article 23 du Grand-Berlin un land fédéral. Le 7 octobre suivant, une loi analogue créait la République démocratique allemande : la rédaction originale de ce dernier texte qualifiait l'Allemagne de "république indivisible", en ce sens qu'il n'y aurait qu'une nation allemande dont la capitale serait Berlin. Il n'y a pas de doute que dans l'esprit des auteurs de ce texte, Berlin signifiait ici aussi le Grand-Berlin, puisque, selon le point de vue est-allemand, tout le territoire de l'agglomération se trouvait en zone d'occupation soviétique, les secteurs ouest étant simplement administrés par les forces de l'OTAN... Ainsi les deux nouveaux États revendiquaient Berlin en totalité, sans jamais parvenir à exercer leur autorité sur toute l'agglomération avant le 3 octobre 1990.

La constitution fut appliquée unilatéralement en 1950 à Berlin-ouest. Au terme de l'article 2 alinéa 1er de la constitution, Berlin était donc jusqu'en 1990 un Land de la république fédérale allemande (c'est-à-dire de cette portion de l'Allemagne désignée sous le nom d'Allemagne de l'Ouest), mais cet article resta sans effet, les forces occupantes de Berlin-ouest en ayant reporté l'application. Les premières élections législatives eurent lieu à Berlin-Ouest le 3 décembre 1950.

L'émeute du 17 juin 1953 en RDA
Le 17 juin 1953, des ouvriers du bâtiment (une soixantaine au début) manifestèrent dans les rues de Berlin-Est, manifestation qu'on qualifia par la suite de soulèvement populaire. Ce n'était à l'origine qu'une protestation contre les mesures adoptées récemment par le gouvernement de la RDA pour augmenter la productivité du travail (stakhanovisme). Le défilé se termina boulevard Staline ("Stalinallee", aujourd'hui Karl-Marx Allee) alors en construction. La radio clandestine RIAS-Berlin (qui émettait depuis le secteur américain) s'étant faite l'écho de cette manifestation, de nombreux Berlinois de l'Est rejoignirent le défilé. Puis les rangs des Berlinois qui s'engageaient sur la Potsdamer Platz se grossirent de nombreux citadins des faubourgs ouest. Le mouvement gagna même quelques provinces de RDA, se traduisant par des arrêts de travail et des manifestations.

Le gouvernement est-allemand, craignant de perdre le contrôle de la situation, demanda l'intervention des troupes soviétiques. La manifestation dégénéra bientôt en un combat de rue, dans lequel les soldats tiraient à vue sur des citoyens désarmés. La répression fit au moins 153 victimes. La participation d'ouvriers de Berlin ouest, l'implication de RIAS-Berlin par le biais de ses communiqués, la prise à partie de policiers est-allemands par les manifestants ainsi que l'incendie d'un entrepôt (la Columbushaus) fournirent autant de prétextes au gouvernement de RDA pour qualifier ce soulèvement de contre-révolutionnaire et pour en attribuer la responsabilité aux autorités d'occupation du secteur ouest. Le gouvernement revint toutefois prudemment sur les mesures impopulaires qu'il s'apprêtait à engager, et préventivement mit sur pied une milice composée de volontaires fiables et fidèles au régime, afin d'éviter à l'avenir de devoir recourir aux services de l'armée soviétique.

La construction du mur
Au cours de l'automne 1958, plusieurs responsables politiques du bloc soviétique (Walter Ulbricht, Khrouchtchev, Gomulka) remirent publiquement en cause le statut international de Berlin. A l'unisson, la presse communiste européenne entama à son tour une campagne dans ce sens, si bien que le 27 novembre 1958, le secrétaire général du parti communiste soviétique, Nikita Khrouchtchev, expédia une note aux trois occupants occidentaux ainsi qu'au gouvernement de la République fédérale allemande.

Protestant contre la remilitarisation récente de la RFA, le Premier Secrétaire de l'URSS constatait que le statut quadripartite de l'ancienne capitale du Reich était caduc ; il exigeait la démilitarisation complète de Berlin, tous secteurs confondus, et proposait de la doter d'un gouvernement propre garanti par une autorité indépendante.

Il donnait six mois à ses interlocuteurs occidentaux pour donner leur réponse, mais se défendait de produire là un ultimatum. Au bout des six mois, le "non-ultimatum" prit fin sans résultat tangible, mais aussi sans que la crise conduise à une escalade. Pour autant, la confrontation annonçait déjà la décision de construire le mur de Berlin en août 1961.

Lassées de l'exode ininterrompu des Allemands vers la RFA via les secteurs d'occupation ouest, les autorités est-allemandes, avec l'aval des Soviétiques, décidèrent de séparer physiquement "Berlin-Est" et "Berlin-Ouest" par une muraille surveillée par un réseau de miradors. La construction du Mur de Berlin commença dans la nuit du 12 au 13 août 1961.

Dès lors, et jusqu'à la chute du mur le 9 novembre 1989, chaque moitié de Berlin se veut une vitrine idéologique de son camp. Berlin-Est est la capitale choyée de la RDA (grandes réalisations architecturales plus ou moins heureuses, vie culturelle dense et relativement libre tandis que Berlin-Ouest est une île capitaliste et libertaire au milieu du bloc soviétique, subventionnée par la RFA qui attire nombre d'artistes.

Expansion urbaine et politique de Berlin
La partie ouest de Berlin fut massivement subventionnée par la RFA, afin de promouvoir, par cette "vitrine du monde occidental", une propagande contre-gouvernementale en RDA. Les entrepreneurs reçurent des aides considérables : la "prime Zitter", un prêt à 6% garantis, était censé pallier le manque chronique de main d'oeuvre. De manière symétrique, à Berlin-Est, 50% des installations de logements furent financés par l'État est-allemand.

Tandis que Berlin-Ouest se restructurait autour du Kurfürstendamm, Berlin-Est érigeait l'Alexanderplatz en nouveau centre-ville. La moitié ouest se dota dès 1948 d'un établissement d'enseignement supérieur propre avec l'université libre de Berlin (Berlin-Est se chargeant de ré-ouvrir la vénérable université Humboldt). Parmi les autres projets significatifs qui virent le jour à l'ouest, citons la rocade autoroutière, la Philharmonie de Berlin, l'Europa-Center et le nouvel opéra. Au cours des années 1970, les autorités est-allemandes reconstruisirent d'anciens quartiers en lançant un vaste programme de construction de logements à loyers modérés.

1968 à l'Ouest
Partie de l'Université Libre et du quartier de Charlottenburg, la révolte estudiantine de 1968 gagna le siège social des éditions Springer dans la Kochstrasse du quartier de Kreuzberg. Ce conflit autour des choix de société enflamma bientôt toute la population. Comme en France, il y eut de violents affrontements entre étudiants et policiers.

L'événement à l'origine de ce mouvement est la mort de l'étudiant pacifiste Benno Ohnesorg, tué par la police le 2 juin 1967 près de l'opéra alors qu'il manifestait contre la visite du Shah d'Iran à Berlin.

Mai 68 et terrorisme à Berlin ouest
Au début des années 1970, Berlin fut le théâtre de plusieurs attentats terroristes. Outre quelques membres de la Fraction armée rouge, les activistes du Mouvement du 2 juin (date anniversaire de la mort de Benno Ohnesorg) frappaient à Berlin-ouest. Le 10 novembre 1974 le président du Parlement Günter von Drenkmann fut assassiné et en 1975 ce fut le tour du président du CDU berlinois, Peter Lorenz.

Le mouvement des squatters
En réaction à une crise du logement conjuguée à une spéculation immobilière effrénée tandis que se multipliaient les logements inoccupés, la fin des années 1970 fut marquée dans le quartier de Kreuzberg (l'ancien district postal SO 36), par l'émergence d'un mouvement de sans-abris particulièrement massif et entreprenant. Ce mouvement atteignit son paroxysme en juillet 1981 avec 165 logements occupés en ville. De ces occupations clandestines, 78 purent être régularisées jusqu'en novembre 1984 par des baux de location, d'exploitation ou des contrats de vente ; les autres furent évacués1. Dès le mois de décembre 1980, de nouvelles tentatives de squat conduisirent à des affrontements sérieux entre les sans-abris et la police (les rixes de Frænkelufer). Le militant squatter Klaus-Jürgen Rattay trouva la mort lors d'une manifestation contre l'expulsion de huit familles, alors qu'il s'était réfugié sous un bus des transports en commun berlinois lors d'une charge de police.

Un nouveau mouvement de sans-abris devait voir le jour dix ans plus tard (1989), cette fois dans les quartiers de Friedrichshain et de Prenzlauer Berg de Berlin-Est : cette initiative, encouragée par la passivité de la police du peuple, se termina lorsqu'en juillet 1990 les autorités judiciaires furent reprises en main par le parlement de Berlin-Ouest. Il y eut alors des émeutes violentes notamment lors des expulsions de la Mainzer Strasse. A nouveau, on finit par régulariser d'une façon ou d'une autre les occupations clandestines. Les derniers squats, qu'on avait tolérés dans le contexte de la Berliner Linie, furent évacués entre 1996 et 1998 sur ordre du conseiller à la sécurité publique Jörg Schönbohm.

Festivités des 750 ans de Berlin
De 1982 à 1986, les deux villes (Berlin-Est et Berlin-Ouest) entreprirent de grands travaux d'embellissement pour fêter les 750 ans de la cité. Tandis qu'à Berlin-Ouest on reconstruisait la Breitscheidplatz, à l'est le Nikolaiviertel était reconstitué avec des imitations des bâtiments anciens pour en faire un nouveau centre-ville. Des deux côtés du Mur, on réhabilita les gares de banlieue et de métro.

Réunification
Au mois d'octobre 1989, lors des festivités commémorant à Berlin-Est le 40e anniversaire de la RDA, l'invité d'honneur, Mikhaïl Gorbatchev, prononça un discours dans lequel il laissait entendre qu'il ne soutiendrait plus la politique répressive que le gouvernement de la RDA pratiquait à l'encontre des transfuges, lesquels à cette époque fuyaient le pays via la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Le 9 novembre, les gardes-frontière de la Bornholmer Strasse, abusés par une interprétation incorrecte d'une allocution de Günter Schabowski, membre du Politbüro du Parti socialiste unifié d'Allemagne, laissèrent le passage à la foule qui s'était massée devant eux : ils croyaient que le Politbüro avait décidé l'ouverture des frontières, bien qu'aucune décision n'eût réellement été prise à ce sujet. Depuis la démission du chef du parti socialiste Erich Honecker au mois d'octobre, les autorités de RDA étaient livrées à elles-mêmes.

Près de la Porte de Brandebourg, plusieurs Berlinois grimpèrent sur le Mur et dansèrent dessus. Cette fois, il n'y eut plus d'intervention de blindés. Le mur était à nouveau franchissable et fut bientôt démantelé ici et là, plusieurs habitants empoignant marteau et burin pour détacher des éclats de ciment du mur, afin d'en faire des souvenirs : ces collectionneurs furent appelés Mauerspechte.

Le maire de Berlin-Est Tino Schwierzina et son homologue de l'Ouest, Walter Momper travaillèrent dès lors en étroite collaboration, pour canaliser les efforts de citoyens enthousiasmés par l'espoir d'une réunification imminente. Le duo de ces deux maires fut salué dans les médias par les sobriquets amicaux de Schwierzomper ou Mompzina.

Le 3 octobre 1990, l'Allemagne, et Berlin avec elle, était réunifiée. Par la reconnaissance du traité de Réunification, les Alliés renoncèrent à leurs droits sur un Berlin qui n'était jusque-là qu'un territoire de la RFA. Il s'ensuivit le 2 décembre les premières élections des conseillers municipaux de Berlin réunifiée. Berlin devint en 1991 la capitale fédérale de la République d'Allemagne. Le 7 septembre 1999, le Bundestag s'établit à Berlin, suivi le 29 septembre 2000 par le Bundesrat.

Source Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Berlin
Texte soumis à la licence GNU : http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html

 
English    
Print this page
Gratuit : Faceagain.com + Insecula
Le réseau social qui vous relie à ceux qui voyagent.
Mettez vos photos et vidéos en ligne
Envoyez des commentaires
Rédigez des blogs
Attribuez des notes
Rencontrez de nouveaux amis