Chapelle Miraculeuse
140, rue du Bac
Hôtel de Châtillon
Section 1 sur 2
Catégories
Lieux de culte
entre 1633 et 1930
Région en relation : Paris VIIème (France)
Métro : Sévres Babylone
Un décret impérial du 25 mars 1813 attribuera l'ancien hôtel de Châtillon à la communauté des Filles de la Charité, fondée en 1633 siècle par Louise de Marillac, sous l'inspiration de saint Vincent de Paul.
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Un décret impérial du 25 mars 1813 attribuera l'ancien hôtel de Châtillon à la communauté des Filles de la Charité, fondée en 1633 siècle par Louise de Marillac, sous l'inspiration de saint Vincent de Paul. Les apparitions de la Vierge à Catherine Labouré, en 1830, sont à l'origine de la grande dévotion que connaît encore aujourd'hui Notre-Dame de la Médaille miraculeuse.
Les apparitions de la Vierge à Catherine Labouré, en 1830, sont à l'origine de la grande dévotion que connaît encore aujourd'hui Notre-Dame de la Médaille miraculeuse. A. Richardière donnera à la chapelle, déjà agrandie à plusieurs reprises, sa forme actuelle à l'occasion du centenaire des apparitions, en 1930. La châsse de Catherine Labouré sera placée en 1933 dans la chapelle, au pied d'une statue de la Vierge sculptée par Maxime Real del Sartre.
Née le 2 mai 1806, dans le petit hameau de Fain-les-Moutiers situé au sud-ouest de Montbard, sur le canal de Bourgogne, Catherine Labouré est le neuvième enfant de Maître Labouré et de Louise Gontard, mariés en 1793. Le couple donnera naissance à deux autres enfants. Malgré l'hostilité de son père, Catherine entrera au couvent de la Maison-Mère des Filles de la Charité 140, rue du Bac à Paris, le 21 avril 1830. Un mois et demi plus tard, elle fera à son confesseur le récit suivant :
"Et puis vint la fête de saint Vincent ... Notre bonne mère Marthe, la veille, nous fit une instruction sur la dévotion aux saints, en particulier sur la dévotion à la Sainte Vierge. Il y avait si longtemps que je désirais la voir ! Je m'endormis en pensant que saint Vincent m'obtiendrait cette grâce.
Vers onze heures et demie du soir, je m'entendis appeler par mon nom :
- "Ma soeur ! Ma soeur ! "
Un enfant de quatre à cinq ans, habillé de blanc, me dit :
- "Venez à la chapelle,la Sainte Vierge vous attend."
Aussitôt, la pensée me vient : mais on va m'entendre ! Cet enfant me répond :
- "Soyez tranquille, il est onze heures et demie, tout le monde dort bien, venez, je vous attends."
Je me suis vite habillée et me suis dirigée du côté de cet enfant. Je l'ai suivi. Les lumières étaient allumées partout. Lorsque je suis entrée à la chapelle, la porte s'est ouverte, à peine l'enfant l'avait touchée du bout du doigt. Les flambeaux brûlaient comme à la messe de minuit. Cependant, je ne voyais pas la Sainte Vierge. L'enfant me conduisit dans le sanctuaire et là, je me suis mise à genoux.
Vers minuit, l'enfant me dit :
- "Voici la Sainte Vierge, la voici !"
J'entends un bruit, comme le frou-frou d'une robe de soie. Une dame très belle s'asseoit dans le fauteuil de Monsieur le Directeur. Un enfant me redit d'une voix forte : "Voici la Sainte Vierge."
Alors, je n'ai fait qu'un saut auprès d'elle, à ses pieds sur les marches de l'autel, les mains sur ses genoux.
J'y suis restée je ne sais combien de temps. Il s'est passé un moment, le plus doux de ma vie.
La Sainte Vierge me dit comment je devais me comporter envers mon directeur, et me confia plusieurs choses ...
Catherine Labouré rédigera de sa main en 1876, quelques mois avant de mourir, le récit de son entretien avec la Vierge.
- "Le bon Dieu, mon enfant, veut vous charger d'une mission. Elle sera la cause de beaucoup de peine, mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire de Dieu. Vous serez contredite, mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas. Vous verrez certaines choses, rendez en compte, vous serez inspirée dans vos oraisons."
- "Les temps sont mauvais. Des malheurs vont fondre sur la France. Le trône sera renversé ... le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes ... "
- "Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. Elles seront répandues sur les grands et sur les petits." ...
- "Dieu veut vous donner une mission ... "
- "J'ignore combien de temps se passa ... La Vierge disparut comme une lumière qui s'éteint. »
Catherine Labouré, témoin d'une nouvelle apparition de la Vierge le 27 novembre 1830, rapportera ainsi l'événement :
"C'était le samedi avant le premier dimanche de l'Avent. Il était cinq heures et demie du soir. Dans le silence, juste après le point de méditation, il m'a semblé entendre du bruit du côté de la tribune. Ayant regardé de ce côté là, j'ai aperçu la Sainte Vierge. Elle était debout, habillée d'une robe de soie blanche aurore, les pieds appuyés sur une "boule" dont je ne voyais que la moitié ; dans ses mains élevées à la hauteur de sa poitrine, elle tenait un globe d'une manière très aisée, les yeux élevés vers le ciel ... sa figure était de toute beauté, je ne pourrais pas la dépeindre.
Et puis, tout à coup, j'ai aperçu à ses doigts des anneaux revêtus de pierreries, les unes plus grosses et les autres plus petites qui jetaient des rayons plus beaux les uns que les autres ... A ce moment où j'étais à la contempler, la Vierge baissa les yeux en me regardant, une voix intérieur me parla :
- "Ce globe que vous voyez représente le monde entier, particulièrement la France ... et chaque personne en particulier."
Ici, je ne sais m'exprimer sur ce que j'ai trouvé et ce que j'ai aperçu, la beauté et l'éclat des rayons si beaux ! ...
La voix me dit encore :
- "C'est le symbole des grâces que le répands sur les personnes qui me demandent."
A ce moment, ou j'étais, ou je n'étais pas,je ne sais ... Il s'est formé un tableau autour de la Sainte Vierge, un peu ovale où il y avait ces paroles écrites en lettres d'or : "Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous".
Alors, une voix se fit entendre :
- "Faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront recevront de grandes grâces. Les grâces seront abondantes pour les personnes qui auront confiances."
Quelques-unes des pierres précieuses ne donnaient aucun rayon ...
- "Ces pierres qui restent dans l'ombre figurent les grâces qu'on oublie de me demander"
A l'instant, le tableau a paru se retourner. J'ai vu le revers de la médaille. La lettre M surmontée d'une croix. Au-dessous, eux coeurs, l'un entouré d'une couronne d'épines et l'autre transpercé d'un glaive.
Il m'a semblé entendre une voix qui me disait : "Le M et les deux Coeurs en disent assez
Marie, Jésus ... deux souffrances unies pour notre rédemption".
Le Père Aladag, sceptique après ce nouveau récit, s'entretiendra des apparitions de Catherine avec Monseigneur de Quélen, archevêque de Paris. Ce dernier, qui ne trouvera là rien qui s'oppose à la Foi, autorisera la frappe de la Médaille en mai 1832. On lui attribuera rapidement de multiples guérisons et conversions qui lui vaudront le nom de "Médaille Miraculeuse".
Catherine Labouré quittera la Maison-Mère de la rue du Bac peu de temps après sa prise d'habit et rejoindra l'asile de vieillards d'Enghien. Elle passera le restant de sa vie dans cet hospice fondé par la duchesse de Bourbon, séparé de la maison de Charité de la rue de Reuilly par un grand jardin. Catherine sera béatifiée par Pie XII.
Le Cardinal Verdier, en présence de médecins, de la Supérieure Générale et d'autres témoins, fera procéder, le 21 mars 1933, à l'exhumation de la dépouille de Catherine enterrée le 3 janvier 1877. On retrouvera le corps intact, les membres souples. La sainte repose aujourd'hui dans une châsse placée sous l'autel de la Vierge au globe.
| Lieu(x) en relation |  |  |
Rue du Bac (Faubourg Saint-Germain-Ministères)
Saint-Vincent-de-Paul (La Chapelle-Montmartre-Parmentier)
