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Insecula > Belgique
Belgique
Continent : Europe
Groupe de pays : Union Européenne
Capitale : Bruxelles
Le Royaume de Belgique (en néerlandais: Koninkrijk België; en allemand: Königreich Belgien) est un pays de l'Europe de l'Ouest ayant une frontière commune avec les Pays-Bas, l'Allemagne, la France et le Luxembourg. Il est bordé au nord-ouest par la mer du Nord. Il s'étire sur une distance de 318 kilomètres entre La Panne et Arlon.

La Belgique est membre du Benelux, de l'Union européenne -dont elle est l'un des six pays fondateurs - et de l'OTAN.

Rencontre des cultures germanique et latine, le pays est divisé culturellement et linguistiquement. Les deux langues principales sont le néerlandais, parlé par environ 61% de la population (6,4 millions de locuteurs) au nord en Région flamande ; et le français, parlé par environ 39% de la population (4,1 millions de locuteurs) au sud en Région wallonne mais aussi en Région bruxelloise (enclavée en Flandre) où il est la langue très nettement majoritaire. La capitale Bruxelles, donc surtout habitée par des francophones, dispose d'un statut bilingue. Une minorité germanophone est aussi présente dans l'Est du pays : l'allemand est parlé par moins de 1% de la population belge. Cette diversité linguistique provoque souvent des conflits politiques, qui ont engendré un système de gouvernance complexe.

Dans l'Antiquité, le peuple belge se composait de tribus gallo-romaines et celtes, que Jules César appela Belgae. La Gaule belgique occupait alors un vaste territoire limité par le Rhin au nord et à l'est et touchant presque à la Seine au sud, englobant ainsi une partie des Pays-Bas, de l'Allemagne et de la France actuels. À la fin du Moyen Âge jusqu'au XVIIème siècle, les Pays-Bas du Sud furent un important centre industriel et culturel. Depuis le XVIème siècle jusqu'à la création de la Belgique en 1830, ce territoire fut également le lieu de nombreuses batailles entre les puissances européennes.

Histoire

Durant deux millénaires, la région aujourd'hui couverte par la Belgique a été le théâtre de bouleversements démographiques, politiques et culturels. Les premières traces de civilisation bien documentées remontent à l'invasion de la région par l'Empire Romain au Ier siècle avant Jésus-Christ Selon Jules César : "Horum omnium fortissimi sunt Belgae". Les Francs établirent le Royaume mérovingien, qui devint l'Empire carolingien au VIIIème siècle.

Au Moyen Âge, les Pays-Bas étaient divisés en une multitude d'États féodaux qui occupaient la région. La plupart furent unifiés aux XIVe et XVème siècles par les Bourguignons. Ces États gagnèrent une certaine indépendance au XVème siècle et se nommaient les dix-sept Provinces.

Les Pays-Bas du Sud catholiques (l'actuelle Belgique à peu près) se distinguèrent des Pays-Bas du Nord calvinistes à partir du XVIème siècle. Ces derniers firent sécession en 1581 avec de Akte van Verlating. Ils ne reconnaissaient plus le très catholique roi d'Espagne Philippe II comme leur souverain. Ainsi, les dix-sept provinces furent coupées en deux ; dans le Nord, les Provinces Unies et, dans le Sud, les Pays-Bas du Sud. Cette partie fut administrée successivement par les Habsbourg espagnols puis autrichiens, avant de connaître une éphémère indépendance en tant que États belgiques unis.

Jusqu'à la création de la Belgique, les Pays-Bas du Sud furent convoités par de nombreux conquérants français et furent le théâtre de plusieurs batailles qui virent ces derniers affronter des coalitions dirigées tantôt par les Provinces-Unies (notamment la bataille de la Peene à Noordpeene en 1677, qui causa le rattachement d'une petite partie de la Flandre à la France), tantôt par les Autrichiens.

Après la Révolution française, les Pays-Bas du Sud et la Principauté de Liège intégrèrent la France, suite à un référendum en 1792, ce qui mit fin aux ambitions des Espagnols et des Autrichiens. La réunification des Pays-Bas eut lieu à la fin du Premier Empire français en 1815.

Composée de l'ancienne partie méridionale des Pays-Bas espagnols (sauf l'actuel Grand-Duché du Luxembourg, qui est devenu indépendant des Pays-Bas plusieurs années après la Belgique), puis autrichiens, et de l'ancienne Principauté de Liège, le Royaume de Belgique fut instauré après la révolution belge de 1830 qui chassa les Néerlandais. Il fallut trouver un roi. La chose ne fut pas aisée. Un Allemand, duc de Saxe-Cobourg fut finalement choisi; Léopold Ier devint le premier roi des Belges. En 1885, son fils Léopold II créa l'État indépendant du Congo qui fournit des matières premières à l'industrie belge. En 1908, le parlement belge vota l'annexion du Congo et de ses riches ressources, qui devint colonie belge.

La Belgique fut ensuite occupée par l'Allemagne pendant les Première et Seconde Guerres mondiales. Depuis, le pays a prospéré et est devenu l'un des pays les plus modernes d'Europe. Le pays entre dans la CEE et son économie se tourne plus vers les pays européens. En 1960 la Belgique accorde l'indépendance au Congo au bout de quelques mois d'un conflit qui a perduré plusieurs années notamment dans la région minière sécessionniste du Katanga ; les indépendances du Rwanda et du Burundi dont la Belgique était, depuis l'issue de la Première guerre mondiale, la puissance mandataire (S.D.N.), puis l'autorité de tutelle (O.N.U.), sont proclamées quant à elles en 1962.

La Belgique, qui a adhéré à l'OTAN, fut l'un des pays fondateurs de l'Union européenne et fait partie de la zone euro. L'histoire contemporaine est dominée par les évolutions de plus en plus autonomes de ses deux communautés principales, la Communauté française de Belgique et la Communauté flamande. La Belgique est secouée par une montée de nationalisme flamand depuis les années 1960. Le pays est en voie d'éclatement suite à une volonté des partis flamands sous la pression du Vlaams Belang (Parti politique d'extrême droite nationaliste flamand). Ce mouvement est aujourd'hui le deuxième parti de Flandre avec 25% d'intentions de vote.

Genèse du fédéralisme belge : nationalisme flamand, régionalisme wallon et "belgitude" bruxelloise

Les origines du mouvement flamand moderne : aliénation administrative et linguistique

Lors de l'indépendance de la Belgique en 1831, le français fut choisi comme langue officielle unique : pourtant, la partie wallonne du pays ne représentait qu'une moitié territoriale de la Belgique tandis que la partie flamande en constituait à peu près l'autre moitié. Ce fut la source de profonds malentendus à venir entre les deux communautés linguistiques du pays, mais aussi à l'intérieur de la communauté flamande, dans la mesure où le choix du français fut le fait des élites sociales tant flamandes que bruxelloises ou wallonnes. Cette langue officielle unique, qui n'était pas parlée par le peuple flamand ni par une majorité des Wallons à l'époque, n'était pas un parti pris de l'État en faveur de la partie wallonne du pays, mais plutôt uniquement en faveur d'une langue qui était alors perçue par l'État belge comme le facteur d'union.

Dès la deuxième moitié du XIXème siècle, le mouvement flamand prit de l'ampleur, notamment en réaction à "l'État belge". Les Flamands se sentaient dépossédés de leur culture, mais surtout ils percevaient que leur représentation administrative et linguistique au niveau national ne correspondait pas à leur poids réel dans le pays. En Flandre même, une élite locale issue de la haute bourgeoisie flamande, avait adopté la langue française et dominait l'économie de la région (banques, finance, joailliers d'Anvers, grands industriels, etc.) : on les appelait les Fransquillons (du néerlandais "Franskiljons", littéralement les "petits Français"). Elle était largement prépondérante également dans l'ensemble de la classe politique francophone belge: regroupée essentiellement autour du Parti catholique, elle domina les gouvernements belges et ceci parfois même sans interruptions comme de 1884 à 1914.

Tous ces éléments contribuaient à une sorte de sentiment général d'aliénation au sein de la population flamande et en particulier de la petite bourgeoisie. En 1898, l'État belge reconnut la langue néerlandaise comme deuxième langue officielle du pays, toutefois le territoire flamand (au nord) restait officiellement bilingue (jusqu'en 1921 et 1932 où il fut par étapes proclamé unilingue) et l'agglomération bruxelloise continuait à se franciser. Néanmoins, dans de nombreuses institutions nationales, le français dominait encore largement : dans l'armée, les administrations, etc. Au cours de la Première guerre mondiale, le Front Partij animé par des démocrates-chrétiens mit en évidence le fait que cette armée, composée de soldats flamands en majorité (car les Flamands ont toujours été majoritaires), était toujours unilingue francophone officiellement, ce qui était souvent perçu comme une certaine humiliation par les soldats flamands. Francis Balace écrit : Flamands, Wallons et Bruxellois sont mélangés au sein des unités et commandés exclusivement en français, tandis que l'argot militaire tire indistinctement des deux langues ses expressions savoureuses.

Le nationalisme flamand repris donc de l'ampleur après la fin de la guerre.

Certains, comme Giovanni Carpinelli, affirment qu'il est devenu hégémonique en Flandre dans les années 1920. Tandis que dans la Wallonie de l'entre-deux-guerres, le mouvement ouvrier se focalise autour d'objectifs socialistes globaux (suffrage universel, améliorations sociales, réformes économiques), le mouvement flamand englobe avec la démocratie chrétienne une partie du mouvement ouvrier. C'est ainsi qu'apparaît une classe dirigeante flamande, défendant les intérêts de la Flandre. Le mouvement wallon se réveille cependant notamment face à la politique de neutralité adoptée par la Belgique en 1936 dans la perspective d'un deuxième grave conflit mondial. La classe dirigeante francophone s'identifie dès le début au projet national belge qui réussit en 1830 et elle mise sur la richesse industrielle de la Wallonie, alors première région industrielle du monde en termes relatifs.

Déclin industriel wallon, essor économique de la Flandre et revendications institutionnelles

Après la seconde guerre mondiale, l'économie de la partie wallonne du pays s'essouffle. Conscientes de cet essoufflement, les élites politiques wallonnes déposent en vain au parlement plusieurs propositions de révisons de la Constitution dans le sens fédéral: en 1947 dans la ligne du Congrès national wallon, en 1952 avec Joseph Merlot. Cette revendication perce aussi dans de graves mouvements insurrectionnels comme avec le Gouvernement wallon séparatiste esquissé en 1950 lors de l'épilogue de la Question royale, au cours de la Grève générale de l'hiver 1960-1961. Ou bien encore par des initiatives prises en commun avec les Flamands comme l'Accord Schreurs-Couvreur fin 1952. Le Pétitionnement wallon organisé dans la foulée de la grande grève de 1960-1961 exigeait que l'adaptation (défavorable aux Wallons) des sièges parlementaires aux chiffres de la population soit postposée avant la réforme constitutionnelle et que celle-ci puisse s'opérer par voie référendaire d'initiative populaire. 645 499 signatures furent recueillies soit le tiers de l'électorat wallon (et plus de 100 000 à Bruxelles).

Les Flamands, portés par une économie florissante, exigeaient désormais la réalisation de revendications politiques et institutionnelles : obtenir l'égalité et l'abolition des discrimination restantes, fixation de la frontière linguistique (1962-1963), flamandisation totale des universités situées en territoire flamand (1968 : les Francophones sont expulsés de l'Université de Louvain), etc.

Selon la thèse de Michel Quévit dans Les causes du déclin wallon, EVO, BXL, 1978, le mouvement flamand est uni derrière la défense d'un intérêt commun, et le mouvement wallon écartelé entre un mouvement ouvrier internationaliste et une classe dirigeante à la recherche de son seul profit ; dans cet ouvrage il estime que la "classe dirigeante wallonne" n'était pas solidaire de sa communauté (Robert Devleeshouwer) à la différence de la classe dirigeante flamande ; il ajoute que cette classe dirigeante francophone est demeurée indifférente aux difficultés économiques de la Wallonie. Au sein du parlement belge, la Flandre détient la majorité des sièges. Ce qui explique l'insuccès des fédéralistes wallons ou le fait que la frontière linguistique qu'ils désiraient fixer, autant que les Flamands n'aient pas eu le tracé qu'ils souhaitaient.

La Flandre obtient par contre la flamandisation complète de l'Université catholique de Louvain en 1968 et d'une manière générale atteint ses objectifs d'autonomie culturelle dès la réforme de l'État en 1970. Celle-ci consacre également l'autonomie des Régions économiques (la revendication des Wallons), mais n'est concrétisée qu'en 1980 après plusieurs années de conflits politiques extrêmement durs (avec par exemple deux recours aux urnes se suivant de quelques mois en 1977 et 1978). D'ailleurs la Région de Bruxelles-Capitale doit attendre 1989 pour exister réellement vu l'hostilité flamande à un fédéralisme à trois (et même au fédéralisme tout cours comme on le vit lors de la démission du Premier Ministre Léo Tindemans annoncée en pleine Chambre - fait sans précédent - en octobre 1978, démission qui torpille les projets de régionalisation du gouvernement et qui vaudra à son auteur l'hostilité du roi Baudouin Ier).

De fait, les Flamands sont toujours restés méfiants voire hostiles à l'égard de la Région bruxelloise en tant qu'institution : même si cette Région est officiellement bilingue (en raison des compromis politiques), leur discrimination y existe toujours, malgré que cela a beaucoup diminué comparé au XIXème siècle. La réalité leur a donné raison : la majorité des mandataires francophones à Bruxelles n'ont jamais voulu considérer les droits des Flamands sur un même pied que les droits des francophones. Comme le confirme les aveux de Rudy Demotte, ministre PS, sur la situation dans les hôpitaux à Bruxelles, des discriminations des Flamands subsistent.

La Flandre est devenue l'une des régions les plus riches d'Europe, essentiellement en raison de son dynamisme économique depuis les années 1960, tandis que la Wallonie était affectée par la fermeture des charbonnages dès les années 1950, les difficultés de la sidérurgie dans les années 1970 et 1980, celles des industries métalliques dans les années 1970. Le chômage est beaucoup plus important en Wallonie qu'en Flandre et les performances économiques de la Flandre sont supérieures à celles de la Wallonie.

Wallonie et Bruxelles depuis la fédéralisation : affinités et différences

Les Wallons développent depuis 1912 une volonté d'autonomie économique, politique et culturelle afin de pouvoir échapper à la domination flamande dans l'État belge fondée sur le nombre (les Flamands ont toujours été les plus nombreux) : la régionalisation institutionnelle du pays amorcée dans les années 1970 est pour eux une manière de concrétiser la vingtaine de projets fédéralistes qu'ils ont rédigés depuis 1905 et, dès 1912, avec l'appui d'une majorité de parlementaires wallons, notamment lors du Congrès wallon de 1913, en 1938 lors du dépôt d'une révision de la Constitution allant dans ce sens par Georges Truffaut. En 1947, la majorité du groupe parlementaire wallon appuya une révision de la Constitution belge allant dans ce sens après la réunion du Congrès national wallon en 1945 et 1946. Une nouvelle tentative eut lieu en 1952 à l'initiative de Joseph Merlot. C'est donc tout naturellement que les Wallons ont très largement appuyé la régionalisation du pays amorcée dans les années 1970.

Les Bruxellois, très majoritairement francophones, demeuraient en revanche partisans d'une Belgique centralisée, de crainte de perdre leur influence de ville-centre de la politique et de l'économie belges. Désormais, les Bruxellois soutiennent à leur tour la régionalisation, puisqu'ils ont obtenu en 1989 leur propre Région fédérée et la garantie que celle-ci serait une Région à part entière. Ils ne sont ni Wallons, ni Flamands : en revanche, ils partagent (très majoritairement) avec les Wallons une langue commune, le français (en raison de la francisation de Bruxelles). Les Bruxellois de souche ont avec les Flamands de nombreuses ascendances familiales (les Bruxellois étaient en majorité des néerlandophones au XIXème siècle, parlant des dialectes flamands brabançons). La population bruxelloise s'est enrichie d'une immigration soutenue en provenance de Wallonie aux XIXe et XXème siècles (dans des proportions équivalentes à celle en provenance de la Flandre), puis s'est encore diversifiée avec une immigration d'Europe de l'Est et du Sud au cours du XXème siècle (réfugiés russes fuyant le bolchevisme après 1917 ; travailleurs en provenance d'Italie, d'Espagne et du Portugal autour de la seconde guerre mondiale et pendant les Trente glorieuses ; etc.), et enfin une immigration plus récente (depuis les années 1960-1970) en provenance des anciennes colonies belges mais aussi du Maghreb, de Turquie, d'Amérique latine, etc. Ces vagues d'immigrations successives ont en commun d'avoir adopté la langue française.

Les deux Régions très majoritairement francophones de Belgique (Région wallonne et Région Bruxelles-Capitale), vivent dans le même espace linguistique, artistique et médiatique. Des solidarités multiples et fortes existent donc entre Wallons et Bruxellois. Les partis politiques belges se divisent selon la langue. Il existe depuis peu un consensus à l'intérieur des partis belges francophones pour faire face à l'indéniable puissance du mouvement nationaliste flamand (tous les partis politiques modérés de Flandre se déclarent "nationalistes flamands" aujourd'hui, le parti du ministre-président flamand envisage même l'indépendance à long terme). Wallons et Bruxellois demeurent très attachés à l'existence de leur région respective, tout en conservant une loyauté politique à la Belgique (cette dernière se manifestant à des degrés divers tant à Bruxelles qu'en Wallonie, mais également, dans une moindre mesure, en Flandre).

Le fédéralisme belge donne de fait la préséance aux Régions sur les Communautés puisque les députés des Parlements wallon et bruxellois sont élus directement, une partie des députés bruxellois francophones directement élus formant alors, avec la totalité des parlementaires wallons directement élus, le Parlement de la Communauté Wallonie-Bruxelles, institution parfois remise en cause par des Wallons, comme l'indique régulièrement le baromètre politique saisonnier de la Libre Belgique. Il semble bien qu'on puisse dire que si cette solidarité n'est pas contestée, la manière de l'organiser institutionnellement pose actuellement problème puisque la Région bruxelloise, bien que majoritairement francophone, a à sa tête un Gouvernement où le nombre des ministres en titre flamands est strictement identique à celui des ministres francophones (alors que les Flamands représentent 10% de la population bruxelloise), ce qui constitue une asymétrie au niveau de la représentation démographique de la capitale.

Organisation de l'Etat fédéral belge

La Belgique est une monarchie constitutionnelle et un État fédéral, dont le chef d'État actuel est le roi Albert II. En pratique le pays conserve quelques caractéristiques confédérales.

La Constitution fut amendée en 1993 pour adopter un système fédéral afin d'éviter la rupture entre néerlandophones et francophones. Malgré cela, les tensions politiques, culturelles, linguistiques et économiques existent toujours entre les deux communautés. Un parti politique flamand, le Vlaams Belang, prône ainsi l'indépendance de la Flandre à court terme tandis qu'un parti francophone très minoritaire, le RWF, souhaite le rattachement de la Wallonie et de Bruxelles à la France.

Le fédéralisme belge est bâti sur le concept d'équipollence des normes, c'est-à-dire que le niveau de pouvoir fédéral n'a aucune préséance par rapport aux entités fédérées. Un décret voté au Parlement wallon ne peut ainsi pas être contredit par une loi belge. De plus, comme les entités fédérées ont, pour l'essentiel, des compétences exclusives (y compris sur la scène internationale), une même compétence ne peut pas être détenue à la fois par les entités fédérées et par l'État belge.

En 1980 lors de la création des Régions, les Flamands ont immédiatement transféré toutes leurs compétences régionales à la Communauté flamande, comme permis par la constitution. Les 6 députés du Parlement flamand provenant de la Région de Bruxelles-Capitale ne votent toutefois pas les décrets concernant les matières régionales.

Le pouvoir fédéral est entre les mains du Premier ministre et de son gouvernement. Depuis les élections de juin 2003 le gouvernement est une coalition de quatre partis politiques menée par Guy Verhofstadt, composée des partis socialistes francophone et néerlandophone, ainsi que des partis libéraux francophone et néerlandophone.

L'État fédéral est compétent dans tous les domaines d'intérêt national, tels que la défense et les affaires internationales, toute la sécurité sociale, 95% de la fiscalité, l'économie, les télécommunications et d'importantes compétences semi-fédéralisées, comme dans le domaine de la recherche scientifique, et dans l'enseignement (âge de l'obligation scolaire, diplômes, etc.).

Les Communautés - française, flamande, germanophone - sont responsables de la culture et de l'éducation (écoles, bibliothèques, théâtres, audiovisuel...) ainsi que de l'aide aux personnes. Les Régions - flamande, wallonne, Bruxelles-Capitale - s'occupent des problèmes territoriaux et économiques (transports, plan d'aménagement du territoire...) pour la région qui les concerne. Communautés et Régions maîtrisent, en outre, les relations internationales relevant des matières de leur compétence, à l'exception de l'aide au tiers-monde dans ces mêmes domaines.

Chaque province et chaque commune appartient à une Région, et est soumise à sa tutelle.

Entités fédérées et subdivisions spécifiques

Régions

Les Régions (Région wallonne, Région flamande et Région de Bruxelles-Capitale) sont les entités fédérées principalement compétentes en matière économique.

Communautés

Les Communautés (Communauté française, Communauté flamande et Communauté germanophone) sont les entités fédérées qui sont compétentes en matière culturelle et gèrent l'enseignement. Les communautés sont subsidiées par l'État fédéral.

Provinces

Les provinces représentent un niveau politique intermédiaire entre la Région et la commune. La Belgique (en dehors de la région bruxelloise qui constitue un territoire provincial quasiment dénué d'institutions provinciales, à l'exception d'un gouverneur), est divisée en dix provinces, qui dépendent directement des Régions :

Provinces flamandes en français et néerlandais (avec chefs-lieux entre parenthèses) :

• Anvers (Anvers) - Antwerpen (Antwerpen)
• Brabant-Flamand (Louvain) - Vlaams Brabant (Leuven)
• Flandre-Occidentale (Bruges)- West-Vlaanderen (Brugge)
• Flandre-Orientale (Gand) - Oost-Vlaanderen (Gent)
• Limbourg (Hasselt) - Limburg (Hasselt)

Provinces wallonnes en français et néerlandais (avec chefs-lieux entre parenthèses) :

• Brabant-Wallon (Wavre) - Waals Brabant (Waver)
• Hainaut (Mons) - Henegouwen (Bergen)
• Liège (Liège) - Luik (Luik)
• Luxembourg (Arlon) - Luxemburg (Aarlen)
• Namur (Namur) - Namen (Namen)

Démographie

• Population : 10 511 382 habitants (au 1er janvier 2006). 0-14 ans : 17,48% ; 15-64 ans : 65,57% ; + 65 ans : 16,95%
• Densité : 342 hab./km² : la densité de population est la troisième plus importante de l'Union européenne, après celle de Malte et des Pays-Bas.
• Espérance de vie des hommes : 75 ans (en 2001)
• Espérance de vie des femmes : 81 ans (en 2001)
• Taux de croissance de la population : 0,16% (en 2001)
• Taux de natalité : 10,74 ‰ (en 2001)
• Taux de mortalité : 10,1 ‰ (en 2001)
• Taux de mortalité infantile : 4,7 ‰ (en 2001)
• Taux de fécondité : 1,6 enfant/femme (en 2001)
• Taux de migration : 0,97 ‰ (en 2001)

Culture

La vie culturelle belge a eu tendance à se développer dans chaque communauté. Les éléments intercommunautaires sont moins nombreux, en partie à cause de l'absence d'université bilingue, à part l'Académie royale, pas de médias communs, ni d'organisations culturelles ou scientifiques significatives où toutes les communautés sont représentées. Ces éléments précisés, la Belgique en tant que telle est culturellement connue pour son art raffiné et son architecture.

La région correspondant aujourd'hui à la Belgique a été le berceau de mouvements artistiques majeurs qui ont eu une influence importante sur l'art européen. L'art mosan, la peinture flamande de la Renaissance, la peinture baroque, les architectures romane, gothique, Renaissance et baroque ainsi que la musique classique de la Renaissance sont des éléments majeurs de l'histoire de l'Art.

Fêtes et jours fériés

• 1er janvier : Jour de l'an (férié)
• Pâques : Lundi de Pâques (férié)
• 1er mai : Fête du Travail (férié)
• 6e jeudi après Pâques : Ascension (férié)
• 8 mai ou autre date dans la première semaine de mai
• Fête de l'Iris - région bruxelloise uniquement
• 2e dimanche de mai : Fête des mères
• 7e dimanche après Pâques : Pentecôte
• 8e lundi après Pâques : Lundi de la Pentecôte (férié)
• 2e dimanche de juin : Fête des pères
• 11 juillet : Commémoration de la Bataille des Éperons d'Or (bataille où les Français furent battus par des troupes flamandes) - communauté flamande uniquement
• 21 juillet : Fête nationale (férié) : Arrivée triomphale du premier roi des Belges Léopold Ier à Bruxelles en 1831 et sa prestation de serment contitutionnel.
• 15 août : Assomption (férié)
• 3e dimanche de septembre : Fête de Wallonie - région wallonne uniquement
• 27 septembre : Commémoration des Journées de septembre 1830 (pendant lesquelles les volontaires insurgés venus des quartiers de Bruxelles mais aussi des grandes villes de Wallonie chassèrent l'occupant hollandais et permirent l'indépendance de la Belgique) - communauté francophone Wallonie/Bruxelles uniquement. 1er novembre : Toussaint (férié)
• 11 novembre : Armistice de 1918
• 15 novembre : Fête du Roi : Jour de la Saint-Albert et de la Saint-Léopold.
• 6 décembre : Saint Nicolas (Fête des enfants)
• 25 décembre : Noël (férié)

Religion

Selon un sondage réalisé en 2001 par le magazine le Vif/L'Express8, la majorité des Belges se déclarent athées, agnostiques ou non-croyants. Ils donnent de l'importance aux relations qu'ils peuvent tisser avec leur famille et leurs amis et recherchent le développement individuel.

Il est important de noter que la Belgique subventionne les églises reconnues sur son territoire. Cette particularité est inscrite dans l'article 181 de la Constitution belge : "Les traitements et pensions des ministres des cultes sont à charge de l'État; les sommes nécessaires pour y faire face sont annuellement portées au budget".

À ce titre, l'État Belge a dépensé en 2003 :
• culte catholique romain : 458,62 millions d'euros
• Laïcité : 75,36 millions d'euros
• culte islamique : 20,33 millions d'euros
• culte protestant évangélique : 18,80 millions d'euros
• culte israélite : 3,21 millions d'euros
• culte orthodoxe : 2,36 millions d'euros
• culte anglican : 0,46 millions d'euros

Un 7e culte pourrait être reconnu : le Bouddhisme. Celui-ci est fort de 30 000 à 50 000 adeptes.

Armée

L'Armée belge compte, en 2005, 26.400 hommes dans l'armée de terre, 8 600 dans l'aviation, 2.400 dans la marine et 22.000 au service médical, soit un total de 39.400 hommes. Le recrutement y est essentiellement basé sur le volontariat de carrière depuis la suppression du service militaire (le 1er mars 1995). À cela s'ajoutent les principes de réserve volontaire (militaire de carrière ou civil ayant signé un engagement) et obligatoire, uniquement pour les membres du cadre et ce, pendant une durée déterminée.

(cf : wikipedia)
En relation avec la zone   

Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique


 
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